Touche pas à ma République !
23 janvier 2009 | Par Admin PS Lys | Catégorie: Coup de gueuleOn entend parler depuis quelques jours d’un projet de loi organique, d’un certain article 13, de droit d’amendement, et de réforme du Parlement. Si cela n’était qu’une réforme technique, cela ne mériterait même pas que l’on prenne le temps d’en écrire quelques lignes.
Or, c’est tout le contraire, alors que le président de la République et le gouvernement se vantent d’avoir réformé la constitution pour renforcer les droits du parlement. Ce sont pourtant les droits de la majorité au parlement qui ont été renforcés, et l’opposition dans tout ça ? : on limite son temps de parole et le droit fondamental à vouloir modifier et améliorer les projets de loi du gouvernement (mission essentielle des parlementaires).
Est-ce parce que le président de la République actuel n’a usé de son temps de parole qu’à 10 reprises (soit une petite heure au total) et déposé aucun amendement en 12 années de mandat de député des Hauts-de-Seine qu’il se sent libre de restreindre la liberté de parole des députés et sénateurs ?
Plus concrètement, restreindre la liberté de parole aux députés et sénateurs, c’est permettre à la majorité d’adopter des textes modifiant la législation du travail, de la fiscalité, de la justice dans la nuit, en quelques jours, sans que les médias et nos concitoyens aient le temps de se saisir d’un débat !
Avec ce « délai global » (« crédit-temps ») de discussion d’un texte, c’est se priver de débats récents et majeurs pour notre pays : réforme de l’audiovisuel, OGM, contrat première embauche en 2006…
La volonté est ici très claire : faire taire l’opposition, pour empêcher le débat et les contre-pouvoirs. Inacceptable en République, inacceptable pour les citoyens qui se déplacent aux urnes et font le choix d’envoyer des députés n’appartenant pas à la majorité…
Et lorsque JF Copé, président de l’UMP à l’assemblée nationale, le président de l’assemblée et le gouvernement dénoncent l’usage excessif du droit d’amendement par les députés socialistes comme un obstacle à la réponse à la crise économique (la fameuse « obstruction parlementaire »), ils oublient qu’il ont préféré mettre en débat à l’assemblée les dispositions du plan de relance après le vote d’une loi permettant à un des ministres UMP (X Betrand) de retrouver son siège de député après sa démission, le tout pour réorganiser l’organigramme de l’UMP. Belle leçon d’intérêt général !
Couper la voix de l’opposition, c’est remettre en cause un pacte républicain qui depuis de nombreuses décennies réunit droite et gauche, gauche et droite. Elle avance, la rupture… Qu’elle ne touche pas à la République !