Éditorial – Février 2009
1 février 2009 | Par Bernard Siemieniecki | Catégorie: ÉditosOn ne s’habitue pas !!
… On ne s’habitue pas à entendre ici la fermeture d’une usine engendrant nombre de licenciements, là le décès d’un SDF, mort de froid, ou encore là-bas ce massacre de civils palestiniens. On ne s’habitue pas à ce brouillard, à cette épaisse fumée qui mine le moral des Français, des travailleurs, des défenseurs de la liberté et d’un certain humanisme, qui pour beaucoup de Français se caractérise par la peur de se réveiller un matin sans emploi.
C’est dans ces moments-là que nous aimerions bénéficier d’une intervention publique, étatique, qui en redistribuant les richesses, dans un rôle de correcteur des inégalités sociales, répartirait cette manne salvatrice en direction des plus pauvres… Malheureusement dans un Etat de droite comme le nôtre, c’est tout l’inverse !
Ainsi, que fait le gouvernement pour aider les Français à affronter la crise ? Pour quels résultats ? Quand ce gouvernement aidera-t-il directement et véritablement les Français à faire face à la crise en augmentant leur pouvoir d’achat, en prenant l’argent là où il est, c’est-à-dire chez les actionnaires, chez ces entreprises qui licencient malgré la prise de larges dividendes ! Pourtant même les Anglais et les Américains, qu’on ne peut taxer d’être de dangereux gauchistes, agissent directement sur le pouvoir d’achat de leurs concitoyens ! Sarkozy n’aurait-il pas lu jusqu’au bout la théorie keynésienne ?
Au lieu de cela, ce gouvernement, c’est 60 milliards offerts avec nos impôts aux chefs d’entreprises sous forme “d’aides” (qui n’ont jamais rien donné ni pour l’emploi ni pour les salaires). C’est les 500 premières fortunes qui ont gagné 80 milliards d’euros de plus que l’an dernier. C’est les patrons qui ont vu leurs salaires augmenter de 58 % en 2007 et pousser les salariés à travailler plus pour, finalement, gagner moins. C’est 10 % de la population qui possède près de 50 % du patrimoine. C’est donner 40 milliards et 320 milliards de cautions aux banques pour qu’elles continuent à jouer à “l’économie casino” comme avant, et sans contrepartie.
Mais c’est aussi des coupes franches dans le budget des hôpitaux, de l’éducation nationale, des services publics. C’est un fonctionnaire sur deux, partant à la retraite qui ne sera pas remplacé, moins de profs et d’infirmières alors qu’il en faut plus. C’est 26 milliards affectés à un « plan de relance » pour les actionnaires qui licencient et rien pour les salariés licenciés.
Dans un tel contexte, il y a vraiment de quoi être désoeuvré, désolé et déboussolé. Pour autant, nous socialistes, ne devons pas relâcher notre devoir de résistance. Dans la rue à Lille, au Conseil Municipal, au sein de la section locale et dans les assemblées territoriales partout, Résistons ! Proposons ! Luttons !
Nous, Socialistes, avec toutes les Forces de Gauche, devons lutter contre ce gouvernement et sa funeste entreprise. Nous devons dans ces moments-là, faire montre d’encore davantage de courage car nous sommes en capacité d’apporter les réponses au peuple français et de guérir notre société du libéralisme. Alors courage !
Bernard Siemieniecki
Secrétaire de la section socialiste de Lys-Lez-Lannoy