Dinah Derycke
1 janvier 2009 | Par Admin PS Lys | Catégorie: Dinah DeryckeDINAH DERYCKE,
SÉNATRICE DU NORD (1er avril 1946 – 19 janvier 2002)
Dinah Derycke est née le 1er avril 1946 à Armentières, dans le Nord.
Elle entame son parcours de militante à l’âge de dix-huit ans au sein de la fédération du Nord du parti socialiste.
C’est dans la tradition ouvrière et socialiste du Nord que s’est façonné et enraciné l’engagement, jamais démenti, de Dinah Derycke au service des plus faibles, des plus humbles et des plus démunis.
Titulaire d’une maîtrise de droit public, ancienne élève de l’Ecole nationale des impôts, elle est nommée en 1968 inspecteur des impôts à Roubaix. Au même moment, elle prend des responsabilités syndicales à la CGT.
Elle est, dès lors, de tous les grands combats. Elle s’engage totalement dans la lutte pour ses idées, par exemple pour l’abolition de la peine de mort.
Mais il ne fut pas le seul. Dinah Derycke aura été au coeur de toutes les grandes luttes menées par sa famille politique : peine de mort, interruption volontaire de grossesse, parité ; son nom reste associé à ces réformes.
Profondément humaine, elle alliait, une foi sans borne dans les capacités de l’homme et l’aptitude des sociétés humaines au progrès, ainsi qu’une lucidité parfaite sur les pesanteurs des comportements et l’inertie des mentalités, contre lesquelles elle s’élevait constamment.
Face aux expériences douloureuses et aux combats difficiles, rien en elle ne la portait à la résignation, au renoncement ou à l’amertume.
Sa vitalité, ses capacités d’enthousiasme et de révolte n’étaient pas entamées, bien au contraire, par la connaissance intime des inégalités, des injustices et des blessures dont souffraient ceux qui lui faisaient confiance.
Réaliste, elle n’était pas désenchantée.
En 1982, Dinah Derycke est nommée déléguée régionale aux droits de la femme du Nord-Pas-de-Calais.
Droits des femmes et égalité des sexes resteront toujours au centre de ses préoccupations. Elle agira alors selon les convictions qui l’animaient : un féminisme de maturité, qui ne se satisfait pas des acquis des textes et des changements du discours ; un féminisme concret, qui entend faire progresser le quotidien des femmes ordinaires dans leurs activités professionnelles et leur vie de couple, ainsi que dans leur qualité de citoyennes.
C’est en 1986 que Dinah Derycke est élue pour la première fois conseillère régionale du Nord – Pas-de-Calais.
Elue conseillère municipale à Croix en 1989, elle rejoint en 1991 le cabinet ministériel de Michel Delebarre comme conseiller technique. L’année suivante, elle est nommée, au tour extérieur, conseiller référendaire à la Cour des comptes.
En 1995, Dinah Derycke devient conseillère municipale de Lys-lez-Lannoy. Elle y anime l’opposition municipale avec énergie. Dinah Derycke aimait profondément le combat politique, ce qui ne faisait pas d’elle une adversaire facile. Mais les Lyssois appréciaient son style d’action, ses engagements et sa franchise.
C’est en 1997 que Dinah Derycke rejoint le Sénat, où elle est nommée membre de la commission des affaires sociales.
Dès l’année suivante, elle est élue vice-présidente de la commission des lois et rapporteur pour avis du budget de la justice.
Mais c’est à la présidence de la délégation du Sénat aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes qu’elle donnera toute la mesure de la force de ses profondes convictions. Dénonçant les pesanteurs sociales et déplorant la nécessité de passer les législations au crible de l’égalité des sexes, elle oeuvre, dans un premier temps, pour la création d’une telle instance au sein du Sénat ; puis, élue à sa tête, elle s’emploiera à la faire reconnaître et à la faire vivre.
Dinah Derycke ressentait comme une exigence le devoir d’agir en faveur des plus faibles, des plus humbles, des exclus.
Prendre en compte la société telle qu’elle est pour pouvoir mener les combats qu’elle croyait justes, tel était son credo.
L’immense travail accompli, par exemple sur la prostitution ou la maltraitance des enfants, restera dans les mémoires ; il constituera une précieuse référence.
Seule la maladie l’aura empêchée de poursuivre son oeuvre. Sa dernière intervention eut lieu lors de la discussion de la proposition de loi relative à l’autorité parentale.
Rompue aux exigences de la confrontation politique, elle possédait des qualités dont ses interventions portèrent la marque : intelligence et respect de l’adversaire, ardeur au travail et courage politique, goût du débat et de la confrontation des idées.
Bienveillance, générosité, respect de l’autre, quel qu’il soit, étaient les fondements d’un combat mené sans transiger.