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	<title>Section Dinah Derycke - Parti Socialiste de Lys-Lez-Lannoy &#187; Politique</title>
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	<description>Le site de la section PS de Lys-Lez-Lannoy</description>
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		<title>«Une autre France est possible», par Martine Aubry &#8211; Discours à l&#8217;université d&#8217;été de La Rochelle</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 08:01:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Socialiste]]></category>
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		<description><![CDATA[Dimanche 29 Août 2010 Cher amis, chers camarades, Tout comme vous, je pense, j’ai aimé cette Université d’été à la Rochelle. Oui, j’ai aimé notre université parce qu’elle est à l’image de ce que nous sommes aujourd’hui. Des socialistes qui échangent des idées, qui débattent, qui proposent pour la France et les Français. Des socialistes<br /><span class="excerpt_more"><a href="http://www.pslys.fr/%c2%abune-autre-france-est-possible%c2%bb-par-martine-aubry-discours-a-luniversite-dete-de-la-rochelle">[continuer la lecture...]</a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche 29 Août 2010</p>
<p>Cher amis, chers camarades,<br />
Tout comme vous, je pense, j’ai aimé cette Université d’été à la Rochelle. Oui, j’ai aimé notre université parce qu’elle est à l’image de ce que nous sommes aujourd’hui. Des socialistes qui échangent des idées, qui débattent, qui proposent pour la France et les Français. Des socialistes unis pour mieux servir notre pays. Soyons fiers de cet état d’esprit. Cultivons-le. Votre présence, votre travail, votre chaleur, votre enthousiasme constituent un espoir pour les Français. Merci à chacun d’entre vous, et au-delà de vous, à l’ensemble des militants.<br />
Nous avons voulu une Université d’été ouverte : ouverte sur la belle ville de la Rochelle et sur tous les Français qui y sont présents. Ouverte aussi à toutes les forces de la gauche, aux syndicalistes, aux militants associatifs, aux acteurs de l’éducation populaire, aux chercheurs, aux intellectuels, aux créateurs.<br />
Tous ensemble, pendant ces trois jours, nous avons beaucoup travaillé car nous avons conscience de la gravité du moment et de la responsabilité de la gauche. Cet été, nombreux sont nos concitoyens qui n&#8217;ont pu prendre seulement quelques jours de repos, faute de pouvoir d&#8217;achat, parce qu’il fallait arbitrer entre les congés et le loyer, ou pour les enfants, entre les vacances et des soins médicaux. Eté marqué aussi par des hausses de taxes et de prix : énergie, transports, assurances, alors même que d’autres sont annoncées – je pense en particulier aux médicaments.<br />
Dans ce contexte difficile, M. Sarkozy et son gouvernement n’ont rien trouvé de mieux, ou plutôt rien trouvé de pire, que d’opposer les Français entre eux, les Français d’ici aux Français d’ailleurs, les Français aux étrangers. Que le couplet soit classique ne le rend pas moins odieux. C’est dans ce climat que s’ouvre un automne qui risque d’être un automne très sombre pour les Français.<br />
Alors que la crise économique et sociale perdure, le gouvernement s’apprête à ajouter de la crise à la crise en proposant un budget d’une austérité inouïe. Moins d’enseignants alors qu’il faudrait lutter contre l’échec scolaire, moins de policiers alors que l’insécurité augmente, les Français se demandent à propos de nos gouvernants : « dans quel monde vivent ces gens là » ? D’autant que l’UMP pratique une rigueur à géométrie variable. Infliger aux Français cette politique et exiger d’eux des « sacrifices » au moment où l’affaire « Woerth-Bettencourt » démontre une fois de plus l’incroyable mansuétude dont jouit une minorité de privilégiés, il y a un mot pour dire cela : révoltant!<br />
Révoltant et dangereux : ces politiques d’austérité vont nous emmener dans le mur, tous les économistes le disent. Il est irresponsable de réduire les crédits de l’emploi au moment où il faudrait combattre le chômage. Il est insensé de tailler dans les dépenses sociales quand il faudrait au contraire soutenir la consommation, donc l’activité des entreprises. C’est faire courir un grand risque à notre économie.<br />
Un automne difficile aussi parce M. Sarkozy poursuit ses réformes injustes, avec comme point d’orgue, celle des retraites qu’il veut mener au pas de charge. Cette réforme dont nous disons qu’elle est deux fois inacceptable : parce qu&#8217;elle accroît les injustices, parce qu&#8217;elle ne règle pas les problèmes. Notre projet sur les retraites est crédible, juste et novateur. Crédible car il remet le régime à l’équilibre en comblant les déficits jusqu’au dernier euro et prend en compte l’allongement de la durée de la vie. Juste parce qu’il intègre la pénibilité du travail, la protection de ceux qui ont commencé à travailler tôt ou des femmes qui ont eu des carrières hachées, et met en place une répartition équitable des efforts. Novateur par la liberté qu’il donne et par les nouvelles ressources qu’il mobilise provenant notamment des profits de l’économie financière.<br />
Automne difficile enfin car les dérives de cet été vont continuer. Comme toujours, quand la droite s’enlise dans ses échecs et des affaires politico-financières, elle sort sa botte secrète : le discours contre l&#8217;insécurité ; la « guerre nationale » décrétée aux voyous ; la faute aux immigrés, aux minorités, aux parents, aux enfants, aux maires, bref la faute à tous, sauf à ceux qui ont tous les leviers du pouvoir d&#8217;Etat depuis bientôt dix ans&#8230;<br />
Quand tout va mal, il faut faire peur. Non pas aux délinquants, mais aux gens honnêtes. Pas pour faire reculer l&#8217;insécurité, mais pour l&#8217;exploiter. C’est toujours le même scénario : un drame se déroule –, le Président de la République prononce un discours à grand spectacle, doigt levé et menton relevé, puis annonce soit des mesures inacceptables, soit un texte de plus qui restera inappliqué. Personne n’est dupe de cette stratégie de la surenchère, maintes fois éprouvée. Elle aggrave les problèmes au lieu de les résoudre. Elle repousse les vrais débats au lieu de les poser. Elle n&#8217;a, au fond, qu&#8217;un objectif : tenter de masquer les échecs de M. Sarkozy, et de faire oublier les turpitudes de ses amis.<br />
Face à cette rentrée difficile pour les Français, je le dis, devant vous : nous serons là, nous ne laisserons pas faire. Nous ne sommes pas des commentateurs voués à la dénonciation, à la déploration ou à l&#8217;incantation. Nous sommes l&#8217;opposition qui entend être demain la majorité. Nous avons choisi de servir l&#8217;intérêt général, supérieur à chacun de nous, et de servir la France, notre pays que nous aimons tant. Nous sommes malheureux de le voir à ce point abîmé par une certaine droite et nous sommes désireux de le relever avec toute la gauche et, au-delà, avec celles et ceux que rassemblent une certaine vision de la nation, un amour commun de la République, un attachement à l&#8217;éthique en politique. Oui, nous sommes et nous serons aux côtés et au service des Français.<br />
 [Des Français inquiets et en colère]<br />
Nous sommes force de proposition et de mobilisation, et nous agirons dès cette rentrée, qui est à l’image de ce que la France endure depuis trois ans. Pour savoir ce que ressentent nos compatriotes, nous n’avons pas besoin de sondages d’opinion! Nous le savons : de l&#8217;inquiétude bien sûr, de la colère, de plus en plus souvent.<br />
● Inquiétude avant tout parce que notre pacte social est attaqué<br />
Une certaine conception de la solidarité nationale est mise à mal comme jamais. Menaces sur les retraites par répartition, dégradation de notre système de santé, démantèlement des services publics, outremers oubliés. Jamais depuis 1945 une telle casse n&#8217;a été opérée par un Gouvernement contre les citoyens, et d&#8217;abord les plus modestes et les classes moyennes!<br />
Après les retraites, un autre chantier de démolition est fixé par l&#8217;actuelle majorité : celui de la dépendance. Là aussi, les perspectives sont inquiétantes : la droite s’apprête à enterrer l’idée selon laquelle la perte d’autonomie doit être compensée par la solidarité nationale. Ce seraient désormais aux assurances privées de s’en charger : privatisation des profits, mutualisation des coûts, voilà ce qui est programmé. Marguerite Yourcenar disait « qu’on pouvait juger de la qualité d’une civilisation à la manière dont elle prend soin de ses anciens ». En effet, nos aînés méritent plus que la compassion. On leur doit de la reconnaissance et du respect. Ils doivent être au cœur même du pacte social.<br />
C&#8217;est là aussi une certaine idée de la France qui est foulée aux pieds. Les inégalités s&#8217;accroissent, les injustices aussi. Des Français entendent des ministres leur dire qu&#8217;ils ne méritent pas d’être Français. D&#8217;autres comprennent qu&#8217;ils ne le deviendront jamais pleinement : comme si, dans notre pays, entre stigmatisation et discrimination, il n&#8217;était pas possible, pas souhaitable, de faire une même nation!<br />
● L&#8217;inquiétude, les Français l&#8217;éprouvent aussi devant l’ampleur de la crise qui, malgré les fables gouvernementales, n&#8217;est pas derrière nous.<br />
Les Français, comme les autres peuples du monde, ont assisté médusés au naufrage d’un système et à son sauvetage in extremis. Il fallait sauver les banques et les établissements financiers qui n&#8217;avaient plus un sou. Pour éviter la banqueroute, les Etats ont donc injecté des centaines de milliards d’euros, de dollars, de yens, de yuans, dans la machine.<br />
Comme les autres peuples, les Français ont constaté que les apprentis sorciers de la finance – banquiers, traders – passaient à travers les gouttes de la tempête qu&#8217;ils avaient provoquée. En quelques mois, les rémunérations et les bonus sont redevenus immenses, obscènes. La spéculation a repris de plus belle. Et les promesses de régulation du système financier international ont été vite oubliées. Pour une infime minorité, la crise fut un soubresaut vite dépassé. Pour la majorité de nos concitoyens; elle reste une réalité.<br />
● Inquiétude enfin, pour soi-même et pour ses enfants, pour aujourd&#8217;hui et pour demain, parce que l’urgence écologique n’est pas suffisamment prise en compte.<br />
On sait, ici, en Poitou-Charentes avec les conséquences dramatiques de la tempête Xynthia, le prix à payer lorsque l’homme méprise la nature. Marée noire dans le golfe du Mexique, mousson meurtrière en Asie, incendies monstres en Russie, inondations au Pakistan et en Chine : si l’accumulation des catastrophes naturelles n’est pas le seul fait de l’homme, le système économique actuel du « toujours plus de rentabilité, toujours moins de règles » &#8211; démultiplie les risques.<br />
Les biens collectifs, l&#8217;air, l&#8217;eau, la biodiversité, les paysages, sont devenus des marchandises comme les autres : on les achète, on les use, on s&#8217;en débarrasse. Cette logique apparaît de plus en plus destructrice. Après l&#8217;échec de Copenhague, un sursaut s&#8217;impose. L&#8217;homme se menace : le séparer de sa cupidité n&#8217;est pas une lubie doctrinale, c&#8217;est un impératif vital.<br />
De la France, on attend qu&#8217;elle sorte les autres puissances de leur léthargie, qu&#8217;elle trace un horizon et qu&#8217;elle l&#8217;emprunte. Il y a eu un Grenelle, que dis-je deux « Grenelle de l&#8217;environnement », et puis plus rien. M. Sarkozy lui-même a baissé le pavillon vert de l&#8217;UMP en affirmant : « l&#8217;environnement, ça suffit ». A Copenhague hier, à Cancún demain, comment la France pourrait-elle être crédible ?</p>
<p>● Oui, les Français sont inquiets, et leur inquiétude se change en colère quand ils songent au bilan de N. Sarkozy<br />
« Deux français sur trois ». C’était jadis le rêve de Valéry Giscard d&#8217;Estaing. M. Sarkozy l&#8217;a concrétisé, mais à sa façon : il a réuni deux français sur trois&#8230; contre lui ! Il faut dire qu’il y a mis du sien. Trois ans d’échecs, trois ans de mensonges, trois ans de dérapages. Ce n&#8217;est pas une présidence, c&#8217;est une épreuve.<br />
- Oui, une épreuve pour la France et les Français, que cette gestion calamiteuse de l’économie. Il n’y a pas d’autres mots. Le Président et son gouvernement ne sont certes pas responsables de la crise qui a frappé la planète. Mais ils sont comptables du fait que la France s&#8217;en sort moins vite et plus mal que beaucoup d’autres. Regardez nos voisins allemands : 7,5% de chômage, contre 10 % de chômage chez nous alors que nous étions au même niveau avant la crise. Que dire de la croissance : 1,5 % en France et 3% outre-Rhin cette année. Voilà la réalité.<br />
Les Français doivent le savoir, il y a une facture de la crise, mais il y a aussi une ardoise Sarkozy. La France était en récession avant même le déclenchement de la crise à l&#8217;automne 2008. Une fois la crise déclenchée, le gouvernement n’a pas su agir comme il le fallait : plan de relance tardif et mal ficelé, sauvetage des banques sans contreparties, emprunt poussif et approximatif, recherche oubliée, entreprises publiques délaissées : oui, M. Sarkozy fait perdre du temps et des places à l&#8217;économie française.<br />
La gestion calamiteuse, c&#8217;est aussi celle de nos finances publiques. « Les caisses sont vides » : cet aveu du président de la République date de&#8230; janvier 2008, six mois avant la crise. C’est vrai, mais c’est le boulet originel de la loi TEPA, acte fondateur et fossoyeur du quinquennat, qui a endetté la France sans apporter la croissance promise. Jamais les finances publiques n’ont été dans un état aussi lamentable. Comme toujours, la droite a laissé filer les déficits en multipliant les mesures clientélistes : allègements fiscaux consentis en 2007 et 2008, baisse de la TVA dans la restauration, et bien sûr bouclier fiscal. Si le déficit et l&#8217;endettement étaient des disciplines olympiques, M. Sarkozy ramènerait des médailles à la France ! Mais pour l&#8217;heure, ce n&#8217;est pas de l&#8217;or mais du plomb qu&#8217;il met aux pieds du pays !<br />
 M. Sarkozy promettait la rupture. La réalité, c’est la cassure. Cassure économique et financière. Cassure aussi entre ses promesses et les résultats. En 2007, M. Sarkozy avait axé sa campagne sur l’augmentation du pouvoir d’achat, la lutte contre l’insécurité, la République irréprochable. Trois ans après, le chef de l&#8217;Etat est rattrapé par son bilan.<br />
- Le pouvoir d’achat ? Il est en berne. On nous avait promis : « travailler plus pour gagner plus ». Nos compatriotes -en tout cas ceux qui ont un emploi-, constatent amèrement que le candidat élu s’était trompé d’adverbe.  Travailler plus longtemps pour gagner moins : voilà désormais la réalité pour les salariés!<br />
- L’insécurité ? Elle gagne du terrain. C’est le Président de la République lui-même qui a dressé le plus implacable réquisitoire contre sa politique en matière de sécurité. C&#8217;était il y a tout juste un mois, à Grenoble. Avec une clairvoyance qui ne lui est pas coutumière, il a fustigé les échecs d&#8217;une décennie de mesures sécuritaires… qu’il a toutes inspirées et d&#8217;une trentaine de textes&#8230; qu&#8217;il a tous voulus ! Puis il a promis, pour l&#8217;ixième fois, qu’il était temps d’en finir avec les gangs, les voyous, la violence. Sarkozy et l’insécurité, c’est un peu comme le début de la pièce de Beckett : « Fini. C’est fini. Ça va finir. Ça va peut-être finir ». Bref, ça n’en finit pas de finir. En attendant, la délinquance augmente et les agressions contre les personnes aussi.<br />
- La république ? Elle est abimée. Abîmée par la remise en cause du pacte social, l&#8217;explosion des inégalités, l’opposition des Français entre eux. Abîmée par les comportements de M. Sarkozy et de ses amis. Il y a un fil rouge entre le dîner du Fouquet’s avec les alliés du CAC 40 le soir de l&#8217;élection, le séjour inaugural sur un yacht luxueux croisant en mer de Malte, l&#8217;augmentation du salaire du président et des ministres, les voyages ostentatoires, l&#8217;invraisemblable bouclier fiscal pour les plus fortunés, sans oublier la constitution d’« un premier cercle » de donateurs autour de l’UMP rassemblant les meilleures fortunes du pays avec pour collecteur en chef, le ministre du budget alors trésorier du parti présidentiel. Ce qui est malsain dans tout cela, c&#8217;est le goût, c&#8217;est l&#8217;omniprésence, c&#8217;est l&#8217;obsession de l&#8217;argent.<br />
Candidat, M. Sarkozy promettait la République de Jaurès ; Président, il exhume la société de Balzac! Le sens de l&#8217;intérêt général a disparu. En témoigne l&#8217;affaire Woerth-Bettencourt qui éclaire d&#8217;un jour nouveau la sacro-sainte défense par le Gouvernement du « paquet fiscal », ainsi que la reprise en main de la justice : n&#8217;oublions pas qu&#8217;à ce jour, il n&#8217;y a eu ni dépaysement de l&#8217;affaire, ni saisine d&#8217;un juge d&#8217;instruction pour faire la lumière en toute indépendance.<br />
Voilà une affaire gigogne qui met en évidence la collusion entre la droite et les milieux d’affaires, le glissement permanent vers les conflits d&#8217;intérêts, la pratique régulière du mélange des genres, le recours généralisé à la flibuste juridique à travers la démultiplication des micro-partis dans l’orbite de l&#8217;UMP, les échanges de services sonnants et trébuchants.<br />
- Abimée, la République l’est aussi par les déclarations et les décisions qui ont émaillé l’été. Des mots forts, des mots justes, parfois des mots durs, ont été utilisés par celles et ceux que le chef de l&#8217;Etat n&#8217;a pas seulement choqués, mais blessés. Plus qu&#8217;un mot, je veux dire un sentiment, celui que je ressens au plus profond de moi, comme responsable politique et comme citoyenne française : cet été a été un été de honte pour notre pays, cette attitude n’est pas digne du Président de la République française.<br />
Oui, il est indigne de montrer du doigt les gens du voyage et les Roms, qui plus est avec des amalgames. Faut-il rappeler que les gens du voyage sont pour la plupart des Français à part entière? Qu&#8217;en démocratie, dès lors qu&#8217;on respecte la loi, avoir un mode de vie différent n&#8217;est pas un délit? Il existe des règles, souvent bafouées en France, comme le rappellent régulièrement les institutions européennes, pour leur permettre de vivre décemment et qui doivent être respectées. Voilà ce que l’on attend d’un gouvernement responsable.<br />
Quant aux Roms, faut-il rappeler qu&#8217;ils sont l’objet de toutes les persécutions en Europe depuis au moins cinq siècles ? Faut-il rappeler qu’à travers les âges, ils ont toujours constitué l’objet de peurs et de haines irrationnelles ? Et que jouer de ces peurs et sur ces haines, c’est abaisser notre République. Les Roms sont des Européens et quand ils ont été mobilisés pendant la Seconde guerre mondiale ou pendant la guerre d&#8217;Algérie, il ne venait à l&#8217;esprit d&#8217;aucun républicain en France de leur contester l&#8217;appartenance à la nation. Beaucoup d&#8217;entre eux vivent en France depuis des générations. Les Saintes-Marie-de-la-Mer, où se tient leur pèlerinage annuel, n&#8217;est pas au bord du Danube ni au fin fond des Carpathes : les Saintes-Marie-de-la-Mer, c&#8217;est en Camargue, chez nous, là même où M. Sarkozy, entre les deux tours de l&#8217;élection présidentielle, faisait du cheval devant des photographes …<br />
Alors bien sûr, je suis maire et il arrive que des Roms, comme d&#8217;autres individus, commettent tel ou tel délit : quand c&#8217;est le cas, ils doivent être sanctionnés, comme tout un chacun. Mais s’ils respectent les règles, au nom de quoi leur refuserait-on les droits qui doivent s’appliquer à tous les citoyens de l&#8217;Union européenne ? Ces évacuations brutales, ces charters de Roms sont indignes. Ils sont aussi juridiquement infondés. Le tribunal administratif de Lille a annulé hier quatre arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière, considérant que l’occupation illégale d’un terrain communal ou privé « ne suffit pas à caractériser un trouble à l’ordre public ». Or c’est sur ce fondement qu’étaient ordonnées les expulsions du territoire. C’est toute la politique du gouvernement depuis cet été qui est ainsi désavouée. Et puis, je voudrais rappeler au Président de la République que les Roms se sont eux-mêmes nommés ainsi à Londres en 1971 car Rom signifie « Homme » en hindi. Oui, M. le Président de la République, ce sont des hommes, et ils doivent être traités comme tels.<br />
Indigne aussi cette proposition exécrable de déchéance de la nationalité. Tout criminel est puni pour ses actes, qu’il soit citoyen français de naissance ou par naturalisation. Punir différemment deux citoyens français qui ont commis un même délit, c’est contraire aux valeurs qui sont les nôtres et à la Constitution, la Charte fondamentale de la nation qui je le rappelle affirme : «La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».<br />
Indigne enfin ce concept de « présumé coupable » remis au goût du jour par M. Hortefeux, qui ne sait pas quoi inventer pour être plus sarkozyste que Sarkozy – et, accessoirement, rester ministre lors du prochain remaniement.<br />
Dans la France de Voltaire, de Hugo, de Zola, de Camus, dans le pays du général de Gaulle et de Pierre Mendès France, dans la nation aussi de Zidane et de Marie N&#8217;Diaye, on ne met pas impunément en circulation des notions aussi nauséabondes. L&#8217;Histoire nous l&#8217;a appris : chaque fois que porte atteinte aux droits d&#8217;un homme ou d&#8217;un groupe d’homme, les droits de tous les hommes sont menacés.<br />
Le rapport publié vendredi par le comité pour l&#8217;élimination de la discrimination raciale de l&#8217;ONU est d’une sévérité, qui malheureusement est justifiée. Il ne dit pas autre chose que ce que nous disons.<br />
J&#8217;avais eu l&#8217;occasion de le dire, lors du débat sur « l&#8217;identité nationale » : il est à la fois attristant et inquiétant que le chef de l&#8217;Etat ait oublié que sa fonction, sa mission, consistent à veiller sur les fondements de la République et non à les briser. On ne gouverne pas la France en divisant les Français. Le sens et la noblesse de la politique, c’est au contraire de les rassembler pour bâtir un avenir commun. M. Sarkozy oppose, il divise, il déchire. En cela, il accroît les tensions, il alimente la violence et l&#8217;insécurité. Dans l&#8217;Hexagone, les citoyens sont consternés. A l&#8217;extérieur, le reste du monde est sidéré. La France voit son image écornée.<br />
La dureté du quotidien et la peur du lointain nourrissent une désespérance individuelle et collective. « A quoi pourrais-je me raccrocher alors que mon pays est en train de décrocher ? », voilà ce que chacun ressent, à sa façon.<br />
*<br />
Nous devons être la hauteur pour incarner le recours tant attendu. Nous le savons, les Français se tournent à nouveau vers nous. Nous l’avons mesuré notamment lors des élections régionales car ils nous retrouvent enfin unis et tournés vers eux. Mais comment ne pas mesurer aussi la résignation qui grandit, s’exprimant dans le silence des urnes ? Comment ne pas voir la jeunesse se détourner de la chose publique par dépit autant que par rejet ? Comment ne pas s’interroger sur ces voix ouvrières qui se portent vers le Front national ou se réfugient dans une abstention? Comment ne pas s’alarmer du phénomène de relégation, toujours plus fort, dans nos quartiers, associé à un retrait démocratique ?<br />
Autant de réalités que nous constatons et dont nous comprenons les causes. Les périodes de crise sont marquées par l&#8217;absence de perspectives, donc par des mouvements de repli. Quand tout va mal, dans sa vie comme pour le cours du monde, quand les protections collectives reculent, c’est le réflexe de survie qui prend le dessus. On cherche à s’en sortir, la tête hors de l’eau, seul contre tous. On ne pense pas au voisin ni au lendemain.<br />
A cette désespérance, s’ajoutent les peurs agitées par la droite. A nous – c&#8217;est notre plus grand défi d&#8217;ici 2012 – de convaincre les Français qu’une autre société est possible, qu&#8217;un autre avenir est à construire. La droite veut tuer l’envie d’avenir, veut désenchanter l’avenir. Elle veut priver les Français du droit d&#8217;espérer. C’est, croit-elle, le meilleur moyen de garder le pouvoir.<br />
Nous devons, nous la gauche, montrer aux Français qu’une autre France est possible. Une autre France qui porte haut les valeurs auxquelles ils croient. Une autre France avec d&#8217;autres choix, donc d&#8217;autres résultats. Redonner cette envie d’un avenir collectif, c’est l’enjeu des mois qui viennent et, je le dis devant vous, c&#8217;est mon devoir de Première Secrétaire du Parti Socialiste, c’est le devoir de tous les socialistes, c’est le devoir de toute la gauche.</p>
<p>[Ensemble, une autre France est possible]<br />
Nous ne manquons pas de pugnacité pour y parvenir, et il nous en faudra pour faire échec à la politique de la droite. Il faut saluer l’action volontaire et vigilante de nos groupes parlementaires, à l’Assemblée comme au Sénat. Il faut saluer l’action quotidienne de proximité et de préparation de l’avenir de nos maires, de nos conseillers généraux et régionaux.<br />
S’opposer, c’est aussi mobiliser, relayer les aspirations du mouvement social, leur donner un débouché politique. En cela, la rentrée sociale sera décisive. La réforme des retraites n’est pas un sujet parmi d’autres. Elle engage une conception de la société : elle est un enjeu de civilisation. Nous avons commencé à mener la bataille dans l’hémicycle, nous la mènerons dans la rue, aux côtés des syndicats et des salariés. C’est aussi notre place.<br />
Mais en 2012, nous ne voulons pas seulement une victoire par défaut parce que le pays ne voudrait plus du sarkozysme. Combien de Français se disent : « Depuis que je vote, j&#8217;ai souvent voté contre quelqu&#8217;un ou contre quelque chose. Est-ce qu&#8217;un jour, je vais pouvoir voter pour ? Pour un idéal, pour un projet, pour une équipe, pour une façon de faire de la politique ». Il faut répondre à cela : pour nous la politique consiste à régler les problèmes des gens, et non à régler des comptes avec le camp adverse. Nous ne voulons pas le pouvoir pour le pouvoir, mais le pouvoir pour porter l&#8217;espoir.<br />
Oui, nous devons en effet être, pour nos concitoyens, le parti d’un nouvel espoir et d’un nouveau départ. Pour bâtir avec eux, une autre France. Cette autre France, je voudrais vous en donner quelques traits.<br />
● Notre France, c&#8217;est une France qui retrouve sa voix et son poids en Europe et dans le monde<br />
Nous regardons les choses en face : le monde s&#8217;est décentré dans le Pacifique, autour de la Chine et de l’Amérique, mais aussi avec de nouvelles puissances émergentes ; les risques de prolifération nucléaire n&#8217;ont jamais été aussi grands ; des conflits d&#8217;un genre nouveau apparaissent avec pour enjeux l&#8217;alimentation, les matières premières, l&#8217;environnement ; le terrorisme est désormais la menace centrale pour la sécurité.<br />
Nous savons aussi &#8211; la crise nous l’a montré- que des règles doivent être édictées au plan européen et mondial pour contrôler et maîtriser la finance. De même l’enjeu du climat et la rareté des ressources imposent des réponses collectives.<br />
Surmonter ces difficultés est un des enjeux majeurs de 2012. Dans ces domaines aussi, dans ces domaines hélas, la présidence de M. Sarkozy oscille entre le dérisoire et l&#8217;illusoire. Il faut donc nous mettre, nous la gauche, en situation d&#8217;agir. C’est la raison pour laquelle notre convention sur les questions internationales et européennes – qui débutera dans quelques jours – est particulièrement importante.<br />
Pour l’Europe d’abord. Cette Europe qui nous a tant apporté, synonyme hier de progrès et porteuse parfois aujourd’hui d’une image de régression. Nous ne pouvons pas nous résigner à cela. Redonner un cap et un sens au projet européen constituera l&#8217;un des piliers de notre projet car il n&#8217;y a pas de France forte dans une Europe faible. D&#8217;ores et déjà, des principes doivent orienter nos propositions. L’euro a été fait sans Europe économique et sans Europe sociale. L’Europe n’a alors avancé que d’un pied. L’Europe doit porter haut des nouvelles politiques qui préparent l’avenir : la recherche, l’énergie, les infrastructures, la défense. Il faut une volonté et de la solidarité, qui a tant manqué, comme on l’a vu récemment dans la crise grecque. Il nous faut mettre nos pas dans ceux de Jacques Delors qui disait : « L’Europe, c’est la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit ». Force est de constater que seul le premier terme a été pleinement mis en place. Soyons les fers de lance d’une Europe politique, sociale, durable, porteuse d’un juste échange et défendant ses valeurs partout dans le monde.<br />
Il nous faut une autre Europe, pour un autre monde. Pour plus de paix, mais aussi pour plus de justice et plus d’égalité, il nous faut repenser le multilatéralisme. Il faut conforter l’ONU au centre du système international. Nous la voulons plus démocratique dans son fonctionnement, plus efficace dans ses actions. Mais il faut dès maintenant donner des compétences, des moyens supplémentaires et une meilleure représentativité au FMI et à l’OMC.<br />
Face aux grandes régions mondiales d’Amérique et d’Asie, l’Union Européenne et la France doivent se donner pour ambition de construire avec le Sud de la Méditerranée, et à terme avec l’Afrique, un ensemble régional qui pèse dans le monde et qui soit capable de défendre ses intérêts et ses valeurs. Nous voulons une Union euro-méditerranéenne, puis euro-africaine, qui porte des projets capables de relever les défis qui nous sont communs : la sécurité alimentaire, le climat, l’eau, l’énergie, les migrations, la formation et le développement durable.<br />
Et puis, la parole de la France doit être claire : une stratégie claire, c&#8217;est celle que nous devrons avoir par exemple en Afghanistan! Cette semaine, deux de nos soldats ont été tués et trois autres ont été blessés. Je salue leur mémoire. Dans chaque pays concerné par l’engagement militaire en Afghanistan, un débat démocratique a eu lieu. Pas chez nous. Nous redisons avec force que notre implication était justifiée par la mise en place d’une administration et d’une armée afghane solide, et par une aide apportée à la population civile. Aujourd’hui, ces objectifs ont été oubliés pour laisser la place à la seule chasse aux talibans. La population afghane rejette les troupes de la coalition comme des troupes d’occupation. Nous dirons clairement que notre présence ne se justifie pas si nous n’aidons pas le peuple afghan. Je veux dire aussi que nous n’oublions pas les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, retenus en otage en Afghanistan. Penser à eux et le dire comme nous le faisons ici à la Rochelle, c’est mener le combat pour leur libération.<br />
Au Proche-Orient, le processus de négociations directes ouvert entre les Israéliens et les Palestiniens, arraché de haute lutte par le Président Obama, reste fragile. Raison de plus pour que la France mette tout son poids pour appuyer les efforts en faveur de ces négociations et d&#8217;une solution permettant la création d&#8217;un Etat palestinien viable et garantissant le droit à la sécurité d&#8217;Israël.<br />
Nous revendiquerons notre tradition de patrie universelle des droits de l’homme notamment en défendant la séparation du politique et du religieux : je le dis avec force, la laïcité est le talisman pour combattre les obscurantismes – qui ne se réduisent pas à l&#8217;islamisme –, et la France est la mieux à même d&#8217;offrir au monde le joyau laïque. La France des Droits de l’Homme, c’est aussi une France qui prend la tête de la mobilisation pour sauver Sakineh Astiani, condamnée à une peine barbare par le régime iranien.<br />
La France n&#8217;est pas une petite nation. Elle est une nation universelle ou, comme l&#8217;a si bien dit Robert Badinter, « la France est plus grande que la France ». La France n’est jamais aussi belle et aussi forte que quand elle rayonne au service de la paix, de la liberté et du dialogue des cultures. En 2012, les Français éliront un ou une Présidente capable de voir la France en grand.<br />
● Notre France, c&#8217;est une France où l&#8217;efficacité redonnera confiance dans la politique : pour l’économie, contre l’insécurité<br />
La France a besoin de retrouver l&#8217;efficacité économique.<br />
Nous le savons : il n’y a ni emploi, ni redistribution s’il n’y a pas création de richesses. Mais on ne créera pas de richesses dans le monde d&#8217;après la crise, grâce aux dogmes d&#8217;avant la crise. Nous sommes prêts à proposer une autre voie économique à la France. Nous en avons actés les orientations.<br />
La France a des atouts magnifiques : géographiques, culturels, économiques, d&#8217;infrastructures, technologiques. Ses dirigeants ne les exploitent pas. Sans compter le formidable gisement humain que constitue la jeunesse, notamment celle des quartiers populaires qu&#8217;une partie des élites doit cesser de considérer comme un fardeau, voire comme une menace : cette jeunesse, c&#8217;est la chance de la France !<br />
Malgré ces atouts, notre pays perd des places dans la compétition mondiale. Pour que la France ne sorte pas des radars du monde, d&#8217;autres choix sont indispensables.<br />
- Nous sauverons et nous développerons notre base industrielle. Aujourd&#8217;hui, elle se désagrège. Nous accompagnerons les grands champions nationaux dans leurs mutations et leur expansion. Nous ferons émerger, je l&#8217;ai dit, les entreprises de taille intermédiaire qui nous font défaut à l&#8217;export. Nous soutiendrons nos PME et leurs gisements d’emplois. Nous conforterons nos pôles d&#8217;excellence. Nous relèverons le défi économique et écologique des énergies.<br />
- Nous ferons le choix de l&#8217;innovation : le soutien de la recherche et de l’université n&#8217;est pas une priorité de l&#8217;actuel Gouvernement alors qu&#8217;il faut fixer en France les « pépites » de la croissance du futur. Nous soutiendrons le développement des entreprises innovantes, notamment dans le secteur des bio-, nano-, green-, technologies de l’information dont les déclinaisons concernent toute l&#8217;économie.<br />
- Nous voulons aussi une France où le travail est valorisé et les travailleurs respectés. Notre société de la pseudo-performance s’est fait une doctrine de la mise sous pression des individus, réputés alors plus efficaces. Cette voie est une impasse ! Individuellement, elle crée des souffrances intolérables. Collectivement, une société sous pression est une société stérile, incapable de créer, d’innover, de prendre des risques. La souffrance est là, pas la performance. Nous devons engager une reconquête de la valeur du travail.<br />
Revaloriser le travail, c’est faire en sorte que le travail permette de vivre correctement, c’est combattre la précarité et rendre possible la progression professionnelle tout au long de la vie, c’est permettre à chacun d’avoir une utilité sociale et donc d’exister par son travail, c’est assurer l’égalité entre les hommes et les femmes. Comment ne pas le rappeler deux jours après le 40ème anniversaire de la création du MLF ?<br />
- Nous mettrons de la justice dans la distribution des revenus, en commençant par agir sur le levier de la fiscalité. Nous supprimerons la redistribution à l’envers symbolisée par le bouclier fiscal et nichée dans de multiples avantages aussi labyrinthiques qu’injustes. Nous procéderons à une refonte des impôts directs dans un impôt citoyen sur le revenu plus juste parce que plus progressif et plus lisible. Nous réformerons l&#8217;impôt sur les sociétés pour favoriser le réinvestissement des bénéfices. Nous bâtirons une fiscalité locale autonome, efficace et permettant la péréquation.<br />
Et bien sûr, dans la production, dans la distribution, dans la consommation, dans la fiscalité, nous mettrons en oeuvre les transformations écologiques nécessaires tant de fois annoncées et jamais réalisées.<br />
Tout ceci est au cœur du nouveau modèle de développement social-écologique que nous avons adopté en mai dernier. Celui que nous mettrons en œuvre en 2012 si les Français le décident. Il implique de nouvelles politiques au niveau national &#8211; une politique industrielle digne de ce nom, une grande réforme fiscale, une sécurité sociale professionnelle- mais aussi au plan européen et mondial : une régulation du système financier, un gouvernement économique de l&#8217;Europe, une mobilisation des armes commerciales pour imposer un juste échange économique entre les nations.<br />
Efficaces, nous le serons aussi contre l&#8217;insécurité. Oui, une autre France, c&#8217;est aussi une France plus sûre.<br />
Je le dis avec solennité et avec gravité : le président de la République a choisi la polémique ; nous choisissons la politique ; le gouvernement souffle sur les braises, nous voulons les éteindre ; M. Sarkozy a choisi le pugilat, nous voulons les résultats.<br />
Pour faire reculer la violence qui saisit la société, les responsables politiques doivent eux-mêmes renoncer à la violence des mots pour préférer la pertinence des actes. C&#8217;est dans cette perspective que je me situe.<br />
La violence est une réalité dans nos sociétés et les citoyens la vivent d&#8217;autant plus durement qu&#8217;ils ont l&#8217;impression d&#8217;une impuissance collective face à elle. Face à certains actes, un sentiment de pure horreur nous saisit. Mais nos sociétés modernes ont développé une forme de violence nouvelle.<br />
Trente ans de chômage de masse, de ghettoïsation urbaine, de déstructuration familiale, de dévalorisation des institutions chargées de dire le permis et le défendu, de montée en puissance de l&#8217;individu au détriment du citoyen, des valeurs marchandes au détriment des valeurs humaines – voilà le terreau de la violence.<br />
Mais nous le savons : la violence ne peut jamais se justifier. Dans une démocratie, les inégalités ou les injustices se combattent par le droit, par le travail, par le mérite, par l&#8217;effort, par l&#8217;engagement. Pas par le manquement aux règles collectives ou le manque de respect que l&#8217;on doit au professeur dans sa classe, à la personne âgée dans son immeuble, à la femme assise seule au fond de son bus.<br />
Face à cette situation, la politique actuelle est un échec complet. Car comment qualifier autrement le bilan de M. Sarkozy ? Huit ans qu’il est en charge du dossier, trois ans qu&#8217;il se trouve au plus haut sommet de l&#8217;Etat, et la situation ne cesse d&#8217;empirer. Le bilan est mauvais parce que la politique menée est mauvaise.<br />
Mauvaise politique, la réduction des effectifs qui se traduit par une moindre présence des forces de l&#8217;ordre sur le terrain, par la dégradation de leurs conditions de travail, par la privatisation de la protection. Mauvaise politique qui ne donne pas à la justice les moyens de traiter dans de bonnes conditions chaque acte délictueux. Mauvaise politique aussi que la politique du chiffre qui consiste à enregistrer des plaintes en masse ou à sortir des délits des statistiques afin d&#8217;obtenir une amélioration optique de la sécurité. Mauvaise politique enfin que le changement de nature des missions de la police : proximité, prévention et renseignement ont été bannis, au profit des interventions spectaculaires ponctuelles. La BAC et les CRS interviennent, puis s&#8217;en vont. Alors, tout recommence ensuite comme avant, mais en pire. La gravité, ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;inefficacité, c&#8217;est aussi le fossé creusé entre la population et sa police.<br />
Pour avoir des résultats, il faut une autre politique. C&#8217;est pourquoi nous proposons un pacte national de sécurité publique, que nous détaillerons lors du forum sur l&#8217;autorité, la sécurité et la citoyenneté organisé avec nos élus locaux et les acteurs de terrain, le 2 octobre prochain. Il n&#8217;y a pas de fatalité à l&#8217;impuissance publique face à la délinquance. Des réponses existent, mais aucune n&#8217;est miraculeuse. Toutes doivent être conjuguées sur la durée.<br />
Dans nos villes, nous sommes au premier rang. Nous savons de quoi nous parlons. Des expériences très innovantes sont conduites localement par nos élus, je pense à « l’office de tranquillité » à Toulouse, au dispositif de « risposte graduée » à Aulnay-sous-Bois, aux « citoyens référents à Aubervilliers », « aux cellules de veille » à Lille, à la « maison des parents » désorientés face à la violence d’un enfant à Bondy, au «groupe opérationnel contre la violence en bande à Sarcelles », à « l’éducation à la citoyenneté » à Créteil, mesure judiciaire pour les mineurs de 13 à 18 ans initié par la ville et le juge des enfants. Nous tirons les enseignements de toutes ces expériences pour inventer une nouvelle politique de sécurité avec l’exigence impérative de résultat. Aucune approche n’est exclue.<br />
La prévention, sans laquelle il n’y a pas de succès durables et qui pourtant a été totalement abandonnée aujourd’hui. L’éducateur doit avoir sa chance avant le procureur. Nous doterons chaque département d’un « programme local de prévention de la délinquance juvénile » mobilisant tous les moyens publics éducatifs.<br />
La dissuasion, qui nécessite une nouvelle doctrine d’emploi de la police et de la gendarmerie adaptée à l&#8217;éventail de la délinquance et de nouveaux moyens. Nous rétablirons une police de quartier, proche des populations, sachant agir vite et bien par une connaissance fine du tissu local. Nous donnerons à la police les moyens nécessaires pour assurer ses missions, et d’abord les moyens humains en les adaptant aux besoins, mais aussi les moyens technologiques d’une police moderne. Les forces de l’ordre – police et gendarmerie – aujourd’hui en proie au doute, ont besoin d’être soutenues, respectées, leurs missions clarifiées et le lien de confiance avec les Français restauré.<br />
J’ajoute que les attaques par armes à feu dont sont victimes les forces de l&#8217;ordre viennent rappeler une triste réalité : la circulation des armes, y compris celles de gros calibres, a pris des proportions très inquiétantes en France. Nous ferons une loi pour mieux contrôler les ventes d’armes et leur usage et renforcer la lutte contre le trafic d’armes.<br />
Prévention, dissuasion mais aussi sanction. Rien n&#8217;est plus insupportable pour la population – et pour les victimes – que de voir le ou les auteurs d&#8217;un délit se balader, toiser la police, faire figure de héros pour les plus jeunes. Nous serons aussi attentifs à la réparation due aux victimes, trop souvent négligée en France. Mais surtout, nous voulons que tout acte de délinquance ou d’incivilité donne lieu à une sanction proportionnée et juste. Il faut construire un éventail de réponses graduées, adaptées à chaque situation. Il faudra donner les moyens pour les mettre en place.<br />
Il est temps de mettre en place toutes ces réponses dans notre pays pour une vraie efficacité : par exemple, des travaux éducatifs d’intérêt général dans les établissements scolaires, le développement de travaux d’intérêt général. Au Pays-Bas, lorsqu&#8217;un jeune est arrêté par la police parce qu&#8217;il a commis une « petite » infraction, il est envoyé au bureau Halt – « l’alternative »-  de sa commune, où on lui propose de réparer directement sa faute.<br />
Lorsque c’est plus grave, ou lorsqu’il y a récidive, il nous faut repenser des mesures d’éloignement ou de placement dans des centres d’éducation ouverts ou fermés. L’Allemagne par exemple a créé récemment une nouvelle peine de formation obligatoire en milieu fermé et de suivi post-carcéral pour les jeunes délinquants récidivistes de dix à dix-sept ans.<br />
Les fauteurs de troubles doivent être sanctionnés mais aussi repris en main pour être recadrés et éduqués : il n’y a pas de politique de sécurité efficace durablement qui négligerait le maillon de la réinsertion.<br />
Sur tout cela, prévention, dissuasion, sanction, réinsertion, nous mettrons de la raison et des moyens là où l&#8217;UMP met de la stigmatisation, nous en appellerons au rassemblement des Français plutôt qu&#8217;à la tension entre territoires et communautés. Nous montrerons qu’en matière de sécurité, la crédibilité a changé de camp.<br />
 ● Notre France, c&#8217;est aussi une France qui donne sa chance à chacun et qui construit le vivre-ensemble<br />
Nous ne voulons pas seulement rendre la société vivable, nous voulons la rendre meilleure.<br />
Nous ne voulons plus d’une société qui relègue les plus pauvres hors de la cité, qui oublie les plus âgés, qui humilie les plus faibles. Davantage de respect, de reconnaissance, de soin, cela implique une attention vis-à-vis de chacun, mais aussi la responsabilité de chacun à l’égard des autres.<br />
Permettez-moi de dire quelques mots sur nos priorités en la matière : l’éducation, la ville du XXIe siècle, mais aussi la responsabilité vis-à-vis de chacun.<br />
La société doit garantir l’égalité réelle pour permettre à chacun de maîtriser sa vie<br />
La société doit donner à chacun les moyens de réussir sa vie. Dans ce domaine comme dans d’autres, nous portons une nouvelle vision de l&#8217;action publique : des services publics personnalisés, un Etat prévoyant, pour prévenir, et pas seulement réparer. C’est vrai pour la santé, la sécurité et l&#8217;éducation bien sûr.<br />
L’éducation est négligée par le Gouvernement. Les enseignants devraient être au coeur de l&#8217;émancipation, fiers de leur métier, valorisés par la société : or, ils sont maltraités par le gouvernement et vivent un insupportable déclassement. Voilà la réalité dans la France de M. Sarkozy, à trois jours de la rentrée scolaire!<br />
Nous ferons en 2012 de l’éducation la première de nos priorités. L’école doit être repensée dans un grand projet éducatif global avec pour objectif de porter chaque enfant au plus haut de ce qu’il peut faire en élargissant son socle de connaissances et d’expériences, en adaptant les méthodes d’apprentissage et les rythmes scolaires, en assurant des transitions plus douces entre les paliers scolaires que sont l’entrée au collège puis au lycée.<br />
Plusieurs mesures concrètes s’imposent. A titre d’exemple, le passage à quatre jours est universellement critiqué, car cela impose un rythme scolaire incompatible avec la réussite des enfants. Il faut adapter dans chaque école ce rythme à celui des enfants, c’est un des éléments majeurs de la réussite. Nous en débattrons avec les enseignants pour réorganiser leur temps de service.<br />
Autre exemple, il est fou de mettre des enseignants sans formation pédagogique suffisante devant des élèves. Nous ferons de la formation des enseignements une priorité et nous créerons une vraie formation à la pédagogie.<br />
Autre exemple enfin, au collège et au lycée, nous intégrerons un vrai temps d&#8217;étude et de devoirs pour tous, dès la sixième, dans le temps de l&#8217;Ecole. Les inégalités devant les devoirs sont peut-être aujourd&#8217;hui les principales inégalités scolaires, entre ceux qui peuvent être aidés hors de l&#8217;école et ceux qui ne le peuvent pas.<br />
Il nous faut engager cette révolution des services publics, qui dans l’éducation comme dans la santé et le logement, doit apporter à chacun des réponses personnalisées, au nom de l’égalité républicaine qui ne doit jamais justifier des réponses uniformes, anonymes, lointaines.<br />
Encore faut-il que ces services publics soient présents partout sur le territoire. Le monde rural n’a pas besoin des visites et des trémolos du gouvernement, mais d’un remaillage des services publics, d’un aménagement du territoire, idée forte aujourd’hui enterrée. M. Sarkozy parlait d’ouverture ; il a surtout pratiqué des fermetures dans les départements ruraux : hôpitaux, tribunaux, écoles et cet été, prisons…sans solution de remplacement.<br />
Et pour nous, disons-le, l’égalité réelle, c’est quand on assure pour les outremers la continuité territoriale que doit la République. C’est aussi quand on n’attend pas des semaines pour réagir à une terrible épidémie, la dengue, qui vient de faire une vingtaine de morts aux Antilles.<br />
Autre priorité construire les conditions du vivre ensemble dans des villes durables et solidaires.<br />
80% de nos concitoyens vivent en ville. La ville devrait rapprocher et mêler les individus ; actuellement, elle crée de l’isolement et de l’exclusion, et pas seulement dans les banlieues. La ville s’est peu à peu étalée, créant des conditions de vie et de transport difficiles pour les habitants, usant un foncier restreint, noircissant la facture pour les collectivités publiques.<br />
Ce n’est pas seulement en rétablissant des crédits d’intervention – nécessaires – dans les quartiers que l’on réglera les problèmes. La politique de la ville d’hier n’est plus suffisante. Il est temps de penser la ville du XXI° siècle, reconstruire des villes denses et intenses où chaque commune, chaque quartier mêle les différentes fonctions de la vie : logement, activités économique, culture, sport … C’est en y ajoutant la qualité partout – qualité des espaces publics, qualité dans la construction de logements durables, qualité des pôles d’excellence culturels et sportifs partout – que la ville redeviendra vivable et mixte socialement.<br />
C’est aussi en refaisant du logement une priorité. Trois millions de mal logés et le quart du budget des ménages qui part dans le logement contre 11% dans les années 1960, des files d’attentes considérables pour le logement social : la situation est préoccupante. Il faut en finir avec ces crédits logement gaspillés dans des dispositifs de défiscalisation, qui ne font qu’aggraver le problème du logement par la spéculation sur les prix, pour les réorienter sur une politique qui tient en trois mots : construire plus, construire plus social et construire plus durable.<br />
Nous réunirons le 6 novembre des grands élus, des urbanistes, des architectes, des sociologues, pour proposer notre projet sur la ville du 21è siècle.<br />
Une société doit demander à chacun l’attention aux autres.<br />
L’attention aux autres, c’est d’abord le respect des règles et du socle de valeurs qui fondent notre République. Notre idéal, c’est une société solidaire qui prend soin de chacun, où chacun prend soin des autres, et où ensemble, nous prenons soin de l’avenir.<br />
Nous souhaitons une société où chacun, reçoit de la société ce qui lui permet de choisir sa vie et donne aux autres, de son temps, de son expérience, de son énergie. Dans une société, il faut du lien, de la réciprocité, de l’altruisme, de la sollicitude, de l’attention, du soin mutuel, du care pour reprendre le terme anglo-saxon qui englobe un peu tout cela. Ce nouveau rapport des citoyens avec la société qui tourne le dos à l’individualisme et au repli sur soi – j’en ai déjà beaucoup parlé- nous le déclinerons dans toutes les politiques de notre projet.<br />
● Et puis, une autre France, c&#8217;est une France où la moralité et l&#8217;exemplarité républicaines retrouveront toute leur place.<br />
Les inégalités se creusent entre ceux qui sont à l&#8217;intérieur du système et ceux qui survivent à la marge ou hors du système, craignant le déclassement ou vivant dans la pauvreté, j’en ai parlé. Dans le même temps, certains de ceux qui exercent des responsabilités oublient l’éthique et l’honnêteté.<br />
Les socialistes et la gauche se doivent de rétablir l&#8217;égalité et l&#8217;exemplarité! C’est d’abord une affaire d’éthique personnelle mais il faut aussi des règles. En établissant une frontière claire entre ce qui est permis et ce qui ne l&#8217;est pas. Pour les ministres : interdiction de cumuler fonctions gouvernementales et partisanes. Pour les parlementaires : non cumul d&#8217;un mandat législatif et de certaines fonctions professionnelles. Plafonnement global des rémunérations privées et publiques des parlementaires. Pour les PDG des entreprises cotées : instauration d&#8217;une échelle des rémunérations.<br />
L’exemplarité, c’est aussi le partage des pouvoirs démocratiques. Partage que nous nous appliquons à nous-mêmes, en tant que parti politique,  avec cette formidable révolution démocratique que seront les primaires, où chacune et chacun pourra s&#8217;exprimer et apporter sa pierre au changement ; avec la limitation du cumul des mandats ; avec l&#8217;exigence du renouvellement, de la diversité et bien sûr de la parité, qui vont oxygéner la vie publique.<br />
Au-delà, c&#8217;est l&#8217;équilibre démocratique qui doit être rétabli. Nous voulons un Parlement qui ne soit plus méprisé, une justice indépendante et égale pour tous. Nous voulons aussi des médias réellement indépendants des pouvoirs politiques ou économiques : de nouvelles règles feront cesser le confusionnisme entre les patrons de grands groupes et le pouvoir. Nous voulons des collectivités territoriales autonomes et respectées. C&#8217;est pourquoi nous allons poursuivre, avec tous nos élus, notre combat contre la réforme gouvernementale et pour défendre nos propositions d’un troisième acte de la décentralisation. Et d’abord le 25 septembre, comme l’a proposé Laurent Fabius, nos collectivités ouvriront leur portes pour montrer que ce que nous défendons, ce sont nos services de publics de proximité.<br />
Partager le pouvoir et équilibrer les pouvoirs, rebâtir une République exemplaire et plus démocratique : tel sera le cœur de notre Forum sur les institutions le 9 février 2011.<br />
 [Notre agenda]<br />
Chers camarades,<br />
Nous avons deux ans pour convaincre les Français. Convaincre que nous avons su interpréter l’immense soif de changement qui s’exprime même si sa traduction varie selon les générations, les territoires, les histoires. Convaincre qu’une autre France est possible. Que nous allons la construire pour eux et avec eux. Convaincre que malgré les difficultés du moment, un chemin est possible à condition de dire la vérité, de fixer les priorités.<br />
● L’année écoulée a été celle de la reconstruction.<br />
L&#8217;unité et la fraternité retrouvées, mais aussi le travail collectif, reconnu à travers notre succès aux élections régionales, voilà les grands acquis des derniers mois ! Nous avons respecté la feuille de route que nous avions fixée à la Rochelle. Soyez en remerciés ! Mais nous avons encore à faire, nous le savons, pour mériter pleinement la confiance de nos concitoyens. Dès aujourd’hui, je le dis aux Français : nous ne vous décevrons pas, nous serons prêts.<br />
● 2012, c&#8217;est le rendez-vous majeur avec les Français<br />
La séquence s’ouvrira à l’automne 2011 avec la désignation de notre candidate ou candidat au terme du processus des primaires, qui doit être exemplaire, maîtrisé et mobilisateur. J’invite chacun à respecter cette échéance. Le choix de notre candidat ou de notre candidate ne saurait troubler le travail que nous avons à accomplir dans les prochains mois. Chaque chose en son temps. Songeons à nos athlètes à Barcelone et à nos nageurs à Budapest : seul le collectif met en valeur les individualités. Préférons le travail de fond et le travail d&#8217;équipe, et laissons les emballements et les empressements à M. Sarkozy et à l&#8217;UMP.<br />
Avant 2012, il faut remporter les scrutins de 2011. En mars, les cantonales : elles permettront d&#8217;adresser un carton rouge au Gouvernement alors même qu&#8217;il abandonne les départements qui sont un bouclier social pour les Français. En septembre, auront lieu les sénatoriales : pour la première fois, il n’est pas impossible de faire basculer la Chambre haute. Nous allons nous mobiliser pour gagner ces deux échéances et je serais, avec vous tous, aux côtés de nos candidats.<br />
● Avant 2012, il y a 2011, cette année consacrée aux propositions faites aux Français.<br />
J&#8217;en avais pris l&#8217;engagement ici-même il y a un an : aller à la rencontre des Français pour parler de la France qu&#8217;ensemble, nous aimons et nous voulons. Ce fut le tour de France : un succès populaire à chaque étape et un enthousiasme des citoyens qui contraste avec la vision que la droite nous présente de notre pays. Ce Tour de France, nous allons le reprendre, pour débattre de nos idées. C’est ce que nous avons appelé le Forum des Idées : nous avons déjà commencé à Cluny, en apportant au monde agricole qui souffre tant ,les réponses qu’il attend pour construire une agriculture de proximité et de qualité qui soit viable. Nous allons poursuivre avec la ville du XXI siècle, l’autorité et la citoyenneté, la santé, la culture, la recherche et l’enseignement supérieur, les institutions…<br />
Parallèlement, nous construisons les grands axes de notre projet. Cet hiver, nous avons travaillé sur le nouveau modèle de développement social-écologique pour répondre à la crise du capitalisme financier. Dans quelques jours, nous nous réunirons autour de Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis pour définir une nouvelle doctrine internationale. En fin d’année, Benoît Hamon structurera notre projet sur l’égalité réelle, reprenant beaucoup des thèmes que j’ai abordés à l’instant qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;éducation, de logement, de santé, de transport. Notre rénovation, grâce à Arnaud Montebourg et grâce à vous tous, est en marche.<br />
C’est au printemps 2011 que nous présenterons notre projet dans sa globalité et sa cohérence. Il faudra inscrire nos propositions dans notre projet de société, les hiérarchiser et dire comment nous les finançons. Alors que les ressources publiques se tarissent et que la droite nous laissera une France abîmée avec plus de déficits et de chômage, moins de services publics et de croissance, nous ne devons pas seulement dire à nos compatriotes ce que nous allons faire, mais comment nous allons nous y prendre. Nous sommes la gauche de transformation et de gouvernement : de transformation, nous sommes ambitieux ; de gouvernement, nous sommes sérieux.</p>
<p>● Rassembler<br />
S’opposer, proposer, oui, c’est essentiel pour l’emporter en 2012. Mais rassembler l’est tout autant. Les Français attendaient de voir les socialistes coude à coude, tournés vers eux. Vous m’aviez donné ce mandat. Nous l’avons fait. Je me suis accrochée à l’union, j’ai multiplié les gestes pour rassembler. Et je voudrais remercier chacun d’entre vous d’avoir rendu cela possible en apportant à notre collectif vos idées, votre engagement et votre enthousiasme.<br />
Et puis bien sûr, nous avons l’ardente nécessité du rassemblement à gauche. Les socialistes ne gagneront pas seuls. La nature de la gauche, c’est sa diversité.<br />
Je me réjouis du nouveau climat qui règne entre nous à gauche. Nous étions divisés aux élections européennes, nous en avons supporté le prix. Nous étions unis aux élections régionales, et nous avons réalisé ce qui était réputé impossible, nous avons progressé.<br />
Nous allons dans la bonne direction, il nous faut poursuivre, car seule une puissante dynamique unitaire à gauche nous permettra de revenir au pouvoir. Parce que notre pays traverse une grande crise, parce que la France est interrogative, la gauche a le devoir de faire bloc pour attirer, être compris et entraîner.<br />
Nous menons avec nos partenaires en parallèle le travail sur le projet et sur les investitures. Pour bien gouverner, il faut une majorité et un projet. La gauche devra, dans les années qui viennent, être, comme le disait Aimé Césaire, « du côté de l&#8217;espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté ».<br />
 [Conclusion]<br />
Chers amis, chers camarades,<br />
Nous mesurons l’ampleur de la tâche et l’étendue de nos responsabilités. Nous le faisons avec gravité, parce que les chantiers et les difficultés sont innombrables. Nous le faisons aussi -pourquoi le cacher-, avec enthousiasme, car rien n’est plus exaltant que le service de la France et des Français.<br />
Notre ambition s’exprime aussi par cette phrase toute simple, mise en exergue à l’occasion de cette  université d’été. « La vie que l’on veut ». Oui nous voulons continuer à « changer la vie ». Oui, nous croyons à la volonté en politique. Et nous allons commencer dès les prochains jours. Dès le week-end prochain, les socialistes seront sur le pont pour mobiliser les Français pour le grand-rendez vous du 7 septembre qui marquera la rentrée, comme nous nous mobiliserons pour le grand rassemblement citoyen du 4 septembre, à l’occasion du 140ème anniversaire de la proclamation de la République, pour dire « non à la politique du pilori » et pour réaffirmer notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.<br />
Notre détermination est entière, notre combativité inentamée, notre ambition immense : nous voulons incarner demain une alternative crédible à la politique de la droite. Les Français doivent le savoir dès aujourd’hui. Nous sommes là à leurs cotés. Nous serons au rendez-vous de 2012. Nous serons prêts pour bâtir ensemble une autre France.</p>
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		<title>&#171;&#160;Stupidité et malveillance sont les mamelles du sarkozysme&#160;&#187; (Cohn-Bendit)</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 13:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En plein débat sur la politique sécuritaire du président Sarkozy, le leader écologiste accuse le chef de l’Etat de &#171;&#160;prendre les Français pour des cons&#160;&#187;. Dans cet entretien au quotidien Le Monde, &#171;&#160;Dany le rouge&#160;&#187; n’est pas beaucoup plus tendre avec la gauche… Le dirigeant d’Europe Ecologie monte au créneau pour s’attaquer sévèrement aux dernières<br /><span class="excerpt_more"><a href="http://www.pslys.fr/stupidite-et-malveillance-sont-les-mamelles-du-sarkozysme-cohn-bendit">[continuer la lecture...]</a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> En plein débat sur la politique sécuritaire du président Sarkozy, le leader écologiste accuse le chef de l’Etat de &laquo;&nbsp;prendre les Français pour des cons&nbsp;&raquo;. Dans cet entretien au quotidien Le Monde, &laquo;&nbsp;Dany le rouge&nbsp;&raquo; n’est pas beaucoup plus tendre avec la gauche…<br />
Le dirigeant d’Europe Ecologie monte au créneau pour s’attaquer sévèrement aux dernières annonces de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l’insécurité.<br />
Dans Le Monde daté de mardi, Daniel Cohn-Bendit déclare que &laquo;&nbsp;tout le monde sait que quelqu’un qui tue un policier est déjà condamné à la perpétuité. Croit-on vraiment que son problème, avant de passer à l’acte, sera de savoir s’il sera déchu ou pas de la nationalité française&nbsp;&raquo;, demande-t-il.<br />
D’ailleurs, s’il n’est que français, la perte de sa nationalité le transformerait en apatride à sa sortie de prison. &laquo;&nbsp;Comme il y a une convention internationale qui interdit de créer des apatrides, c’est irréalisable juridiquement&nbsp;&raquo;, analyse le leader écologiste.<br />
&laquo;&nbsp;Si je suis poli, je dis que Nicolas Sarkozy prend les Français pour des imbéciles. Le fond de ma pensée est qu’il les prend pour des cons&nbsp;&raquo;, s’emporte Cohn-Bendit.<br />
Et Cohn-Bendit de s’en prendre à la politique sécuritaire du chef de l’Etat, politique &laquo;&nbsp;malveillante parce qu’elle produit en permanence de l’exclusion (…) C’est un populisme de l’exclusion pour rassembler la droite dure, la France profonde, sur le dos des minorités&nbsp;&raquo;, affirme-t-il.<br />
&laquo;&nbsp;Stupidité et malveillance sont les deux nouvelles mamelles du sarkozysme&nbsp;&raquo;, résume le député européen.<br />
Guère plus tendre avec la gauche qui se contente de se réfugier &laquo;&nbsp;dans sa posture de vierge outragée&nbsp;&raquo;, Daniel Cohn-Bendit appelle l’opposition à ne pas fuir les débats qui s’imposent : &laquo;&nbsp;Oui, la question de l’échec de l’intégration doit être abordée&nbsp;&raquo;, assure-t-il.<br />
&laquo;&nbsp;Notre réponse devra être sociale, éducative et répressive&nbsp;&raquo;, suggère le député européen, qui propose un &laquo;&nbsp;New Deal&nbsp;&raquo; pour les banlieues, un plan d’investissements sur 10 ou 15 ans.<br />
FRANCE INFO – 16 AOUT 2010  </p>
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		<title>« Le Voyou de la République » La dernière Une de Marianne fait réagir.</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 14:46:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Nationale]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Marianne n'y va pas de main morte en traitant le président de « voyou » mais elle reconnaît que celui qui occupe actuellement cette fonction lui inspire mépris et déconsidération et que la politique sarkozyste ne vaut pas mieux que le traitement que lui réservent les médias aujourd'hui. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nouvelle « ratonnade » flicardière à la Cité de l’Arlequin de Grenoble avec la  Presse encore une fois convoquée   (images sur BFM/TV). La dernière – comme par exprès, juste avant son déplacement à Grenoble ! – n’a rien donné malgré une garde à vue prolongée de 24 heures. Cette pêche sera-t-elle plus fructueuse ? J’en doute car je suppose que le complice du braqueur du casino d’Uriage abattu par les policiers doit bien se cacher. Ils ne font sans doute qu’interpeller les jeunes déjà connus de leurs services. Fastoche et tout pour l’image mais inefficace.<br />
Quant à la déchéance de la nationalité française qui vise principalement pour l’instant Lies Hebbadj, un porte-parole socialiste disait hier que la nouvelle loi ne pourrait s’appliquer à son cas puisqu’il était naturalisé depuis 91 et que la loi – si elle était votée – limiterait cette possibilité aux personnes naturalisées depuis 10 ans… Soit. Mais sur le plan juridique je ferais surtout remarquer que s’agissant d’une sanction complémentaire – donc d’une peine – l’article 8 de la Déclaration des droits de 1789 qui a valeur constitutionnelle interdit la rétroactivité des lois pénales défavorables.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel s’est déjà prononcé avec la plus grande fermeté sur cette question en retoquant précisément la rétroactivité de l’enfermement (après qu’ils aient purgé leur peine) des grands criminels multirécidivistes condamnés avant la promulgation de la loi – Nicolas Sarkozy fit alors des pieds et des mains pour passer outre mais il a quand même bien fini par avaler son chapeau &#8211; et je doute que les Sages en admettent plus le principe aujourd’hui. Toujours très chatouilleux sur la défense des libertés, depuis une décision de 1971 sur la liberté d’association. Le gardien de la Constitution vient d’en donner encore une fois la preuve en exigeant que le gouvernement abroge la garde à vue à partir du 1er juillet 2011 (Nouvel Obs. du 30 juillet 2010).</p>
<p>Je n’ai aucune sorte de sympathie pour Lies Hebbadj – islamiste intégriste qui avait déjà défrayé la chronique en contestant la « prune » (pour conduite dangereuse) de sa femme qui conduisait avec un voile intégral. Tout ça pour une amende de 22 euros (20minutes du 23 avril 2010) ! Il m’est évident qu’il a fait le forcing pour tenter d’islamiser encore un peu plus les lois de la République. Tactique connue des intégristes. Je suppose que s’il avait subodoré tout ce qui lui est tombé depuis sur le coin du museau, il y eût réfléchit à deux fois.</p>
<p>C’était de la pure provoc en plein débat sur l’identité nationale et le port de la burqa. Et pain béni pour les cadors de l’UMP qui espéraient que la surenchère xénophobe, raciste et anti-musulmane (sans faire le départ entre islamistes et modérés) serait payante pour les élections régionales. Qu’ils ont perdues dans les grandes largeurs, faisant de surcroît la courte échelle à Marine Le Pen. Ce qui était hautement prévisible.</p>
<p>Je ne me trompe nullement en disant que NIcolas Sarkozy est rusé, matois et malin comme un singe mais totalement dépourvu d’intelligence politique : incapable de se rendre compte que sa nouvelle surenchère raciste et xénophobe sert encore le Front national et que cette stratégie purement électoraliste – il commence à avoir les foies, redoutant un 21 avril à l’envers ! – se retournera immanquablement contre lui, d’autant qu’il devrait perdre aussi les suffrages des électeurs de droite et centristes modérés. Même Christine Boutin monte au créneau contre lui ! Nicolas Sarkozy arrivant en 3ème position à l’élection présidentielle de 2012 ? Ah ! Ça m’ira ! Ça m’ira ! </p>
<p>Car après avoir été mis en cause pour polygamie et fraude aux prestations sociales (déjà menacé de déchéance de la nationalité française à ce titre, ce qui était juridiquement impossible, les cas prévus par l’article 98 du Code de la nationalité étant d’application restrictive) il est maintenant accusé de viols et violences par une de ses anciennes compagnes…</p>
<p>Je ne suis pas dans le secret des dieux non plus que celui de l’instruction. Pour l’instant et d’après ce que j’ai entendu et lu, ce serait parole contre parole. Mais je pense que l’avocate de Lies Hebbadj est toutefois dans le vrai quand elle dénonce « l’acharnement » contre son client. Et naturellement outrée quand je lis que Brice Hortefeux auquel aucun procédé de basse police ne répugne maintient son « opinion » en déclarant L. Hebbadj « présumé coupable » ! </p>
<p>Une énormité même pour une petite juriste : légalement un prévenu est réputé innocent jusqu’à ce qu’un procès l’ait déclaré coupable. Mais Nicolas Sarkozy nous avait déjà fait le même coup contre Dominique de Villepin. N’hésitant pas affirmer au début du procès de l’affaire Clearstream qu’il voulait voir « les coupables pendus à un croc de boucher » , le « voyou de la République » de Marianne fait bondir la droite… Evidemment, cela ne pouvait passer inaperçu dans les présentoirs des marchands de journaux ! Le gros titre barrant la Une, assortie d’une photo de Nicolas Sarkozy l’air menaçant…</p>
<p>Je trouve même que les chiens de garde de la meute sarkoïdale ont mis bien du temps à réagir… Marianne paraît le samedi, les journalistes le reçoivent la veille et l’on en parlait donc bien avant que je ne l’achète samedi en fin d’après-midi. Je n’ai ni le temps ni l’envie de lire tous les articles sur cette nouvelle polémique. Nadine Morano a attendu lundi pour réagir sur RMC… Elle devait avoir piscine pendant le week-end.</p>
<p>Elle est la première à avoir réagi, trouvant la Une de Marianne « insultante »… Ce à quoi Jean-François Kahn répond que « Mme Nadine Morano ne manque pas d’air : Hier, elle qualifiait les journalistes d’investigation de « fascistes », puis, à la façon des staliniens, de « fascisto-trostkistes », puis les comparait aux journalistes pro-nazis des années 30. Hier encore, elle accusait les responsables de la gauche d’être complices des assassins ».<br />
•	Les années 30 font diantrement recette en ce moment du côté de l’UMP ! Se rendent-ils même compte qu’ils utilisent les mêmes vieilles recettes que l’extrême-droite d’alors ?<br />
Ainsi, Lionel Luca qui n’en rate jamais une réagit au nom du respect dû à la fonction : « Rien ne justifie l’outrage au président de la République élu démocratiquement. Rien ne justifie l’insulte à l’homme politique qui bafoue également ceux qui l’ont élu » ajoutant que « rien ne justifie ces dérives sinon l’intérêt financier d’une opération commerciale pour meubler l’actualité estivale et qu’il est paradoxal de dénoncer les dérives vichystes en utilisant les méthodes de la presse d’extrême droite d’avant-guerre, dont on sait ce qu’elle a été sous l’occupation »…</p>
<p>Encore un qui s’en tient aux « fameux éléments de langage » fournis clef en main par l’Elysée mais ne doit pas comprendre ce qu’il ânonne ! Sinon, il saurait que «Je suis partout» et «Gringoire» &#8211; sans oublier Céline ! – s’en prenaient aux Juifs et aux « métèques »… Rien de nouveau sous le soleil sarkoïdal !</p>
<p>Nadine Morano « ose tout » en demandant : « Où est le respect envers le chef de l’Etat qui a été élu au suffrage universel et mène une politique pour laquelle il a été choisi et sa politique validée ? ». Validée par qui et quand ? Quand Etienne Pinte (député UMP des Yvelines) écrit dans le même numéro de Marianne « Ce n’est pas la France que j’aime» et Christine Boutin « Contre la stigmatisation et l’amalgame ». Sans oublier Marie-Anne Montchamp – député du Val-de-Marne et porte-parole de «République solidaire» et de Dominique de Villepin – qui critique avec beaucoup d’à propos « Le statut des bannis de la République » ni Nicolas Dupont-Aignan « Le candidat de la démagogie, de la surenchère, de la provoc »… Il ne se trompe pas : Nicolas Sarkozy est en pré-campagne présidentielle permanente. Son obsession avec le fric ! « Son rôle n’est pas de dresser les Français les uns contre les autres mais de les rassembler… autour d’une ambition collective ».<br />
•	Las ! Nicolas Sarkozy n’a d’ambition qu’individuelle. La France et les Français, il s’en tape hardiment le coquillard.<br />
Respect dû à la fonction, certes. Et c’est même pour cela que Guy Sitbon – conseiller de la rédaction de Marianne exprime son désaccord. «Président, pas voyou…» en précisant (c’est en exergue de l’article) que « le président n’honore pas sa fonction… Moi, je la respecte pour deux. Par besoin de France ». Preuve aussi s’il en est que, contrairement à l’UMP telle que la souhaitent aussi bien Nicolas Sarkozy, François Fillon, Xavier Bertrand &#038; consorts, Marianne n’est nullement un journal où l’on castrerait les voix discordantes.</p>
<p>Il y a belle lurette que nous savons que Nicolas Sarkozy voulait « faire président » – lubie de gamin mal grandi – mais qu’il considère qu’il exerce un « métier » et non une « fonction » ce qui m’avait fait bien entendu réagir. Il est parfaitement méprisable précisément parce qu’il n’a aucun souci de la grandeur de la fonction qu’il exerce – seule la sienne compte à ses yeux ! Et j’ai bien ri en relisant dernièrement une Pensée de Pascal dans mon « cabinet » de lecture : « Voulez-vous qu’on croie du bien de vous ? N’en dites pas ». – non plus que celle de la France.</p>
<p>Qui ne risque d’ailleurs pas d’en sortir grandie à l’étranger ! À croire Le Monde (6 août 2010). Le New York Times critique vivement la politique sécuritaire de Sarkozy.  « Nicolas Sarkozy, qui aime être appelé Sarko l’Américain, attise dangereusement les passions anti-immigrés pour des calculs politiques à court terme (…) Et ce, dans un pays qui a longtemps défendu avec orgueil le principe d’égalité devant la loi de tous les citoyens français »… Soulignant par ailleurs que cette nouvelle campagne intervient précisément alors que Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages et que Marine Le Pen reprend des forces et qu’en l’occurrence « il est bien aventureux de ne pas tenir compte des «conseils de prudence» et l’inquiétude exprimés par un certain nombre «de membres de la droite traditionnelle».</p>
<p>Le député UMP Patrick Ollier tombe aussi dans l’outrance en affirmant ce 10 août 2010 (dépêche AFP) que Jean-François Kahn « s’est conduit en voyou de la presse ». On n’aura garde d’oublier qu’il est le compagnon de Michèle Alliot-Marie, actuelle Garde des Sceaux…</p>
<p>« Marianne et Jean-François Kahn, qui donnent dans la provocation permanente, dépassent aujourd’hui ce que peut autoriser la liberté de la presse en France » – bientôt muselée à la mode berlusconienne ? &#8211; « Vouloir faire des titres, souhaiter attirer le maximum de lecteurs pour renforcer les équilibres financiers que l’on sait délicats pour ce journal, conduit Jean-François Kahn à confondre le côté spectaculaire d’un titre et le respect que l’on doit à la fonction présidentielle et à Nicolas Sarkozy qui l’exerce au nom des Français ».</p>
<p>Comme si tous les titres de la presse française – et c’est également vrai pour l’ensemble de la presse écrite dans le monde – aussi bien quotidienne qu’hebdomadaire ou mensuelle n’étaient pas en permanence en déséquilibre financier sinon quasi au bord de la faillite. Mais c’est le nouvel argument contre Marianne (après Médiapart) : encore un « élément de langage » frais émoulu du « brain trust » de l’Elysée. Dommage qu’il ne leur manquât que le… cerveau </p>
<p>Certes, Jean-François Kahn ne fait pas dans la dentelle. Ce n’est pas précisément le genre de la maison. Mise en exergue qui donne le ton : « La République est aux mains d’un président qui ne s’encombre d’aucune espèce de morale. Sa priorité absolue devant les sondages désastreux : rester au pouvoir. Démagogie, outrance, provocation sont ses armes favorites. Première victime l’égalité républicaine ».</p>
<p>Il précisera dans une interview donnée: « C’est un type qui parle comme un voyou, qui dit « Casse toi pauv’ con ». Moi, il m’a traité « d’enculé », y’a trois ans, devant sept ou huit personnes. Ça ne me dérange pas, il parle toujours comme ça ! Il parle toujours de faire la guerre, comme si c’était une bande contre une autre. Et puis cette façon de dire, que pour gagner, «tous les moyens sont bons. Qu’est ce qu’il faut dire, qu’est ce que les gens veulent ? Ah ben on va le dire !» Pour conserver le pouvoir, il est capable de tout, exactement comme les caïds des cités de banlieues ». CQFD…</p>
<p>JFK aura beau – en titre – affirmer « Pétainiste ? Non, voyou ! »… Il n’empêche qu’il admet « Voilà Sarkozy, non plus seulement poutinisé, vichysé, quasiment fascisé : un âcre parfum des années 30… ». Je le pense depuis si longtemps et cela ne faisant que s’aggraver depuis le funeste débat sur l’identité nationale que je ne saurais m’inscrire en faux d’autant qu’il poursuit « ce dont personne n’aurait ne fût-ce qu’osé avoir l’idée, depuis le premier ministre collabo Pierre Laval, lui a soudain traversé l’esprit. Et comme toujours chez lui, sitôt concocté, sitôt dit ».</p>
<p>Belle trouvaille au sujet de la responsabilité pénale des parents – deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les parents d’enfants délinquants ! &#8211; « Une ciottise d’inspiration élyséenne ». Pour ma part j’aurais plutôt tendance à prononcer Ciotti à l’italienne. Ce qui permet de tirer la chasse ! Toujours est-il que le député Eric Ciotti – le sarkozyste qui monte – interrogé par Guy Sitbon soutient que sa loi serait conforme à la Constitution et prétend même (au mépris des textes et de l’esprit des lois) que la responsabilité pénale figurerait déjà dans le Code pénal… Il doit à mon sens confondre avec la responsabilité civile conjointe des parents (article 1384 du code Civil –au chapitre des délits et quasi délits) en cas de dommage causé par leurs enfants mineurs habitant avec eux.</p>
<p>En fait, il se réfère aux articles du Code pénal concernant « l’abandon d’enfants », délit bien entendu réprimé. Il est évident dans un tel cas les parents sont pénalement responsables de leurs actes délictuels et l’élément intentionnel de leur part ne fait aucun doute. De là à leur faire endosser pénalement les méfaits de leur progéniture, il y a un pas qu’aucun juriste conséquent (au sens de tirer les conséquences) ne saurait franchir.</p>
<p>Mais l’insigne bêtise et la mauvaise foi d’Eric Ciotti ne s’arrêtent pas là : sans se démonter, il affirme qu’au Canada « un système semblable à ma proposition est instauré depuis longtemps »… Mauvaise pioche ! Guy Sitbon a plus d’un ami juriste au Canada et tous sont formels : comme en France, « sauf négligence criminelle aucune disposition du code criminel ne prévoit une telle extension de la responsabilité pénale des parents »… Eric Ciotti bredouillera : « Oui, ça existe au Canada »… Il ira loin ce petit : déjà aussi menteur que Nicolas Sarkozy !</p>
<p>Il paraît qu’il sortirait de Sciences Po ! On ne lui aura sans doute pas appris qu’en droit pénal l’élément clef est l’intention qui ne saurait être que personnelle. Il faudrait donc démontrer que les parents ont incité leurs enfants à la délinquance. Cela peut bien évidemment arriver mais la plupart du temps les parents délinquants sont des pauvres gens totalement dépassés par les événements. Les mettre en prison et leur faire payer une amende largement au-dessus de leurs ressources, voilà qui devrait améliorer le sort des enfants tombés dans la délinquance ! Une assistance éducative et dans les cas les plus graves, un placement dans les structures de « l’éducation surveillée » paraît autrement approprié. Mais enfermer les parents n’a aucun sens ni moral ni juridique.</p>
<p>A l’heure actuelle, l’UMP reproche aux journalistes les plus critiques – Marianne, Médiapart, Libération ou le Nouvel Obs. et quelques autres ne se montrent pas extrêmement tendres ! – de réagir en lieu et place des politiques. Le moins que j’en puisse dire c’est que la plupart d’entre eux surtout au Parti socialiste ne sont guère virulents. Ségolène Royal et Martine Aubry qui avaient fortement réagi au sujet de l’affaire Bettencourt-Woerth (curieusement, l’on n’en parle plus…) en parlant, l’une de « système Sarkozy corrompu » (Nouvel Obs. du 30 juin 2006) et l’autre dénonçant la « République abîmée par 3 ans de sarkozysme » (Le Figaro du 4 juillet 2010) en avaient pris plus que plein les gencives de la part de la meute des chiens de garde enragés de Nicolas Sarkozy. Je n’y reviendrais pas, ayant plus que commenté le sujet.</p>
<p>Brice Hortefeux &#8211; dont on n’aura garde d’oublier qu’il fut il y peu condamné pour « injure à caractère racial » : sa sortie sur les prétendus « Auvergnats » mais en fait Français d’origine maghrébine &#8211; monte au créneau contre Bernard-Henri Lévy qui a osé une critique sans concession dans Le Monde (du 4 août 2010) Les trois erreurs de Nicolas Sarkozy…</p>
<p>Ah ! Ça ! Par exemple… Ils ne chient pas hauts les arguments d’Hortefeux contre BHL. C’est gros rouge qui tache et beaufitude. Parce que BHL est bobo, de gauche et &#8211; horribilis ! &#8211; intello. Alors ça donne &#8211; c’est digne de Le Pen ! &#8211; « BHL donne l’opinion de la Closerie des lilas, mais la Closerie des lilas ce n’est pas la France ». Fermez le ban ! En revanche un (prétendu) intello proche de Sarko ose avancer : « La déchéance de la nationalité, cela va marcher à fond. Même Le Pen n’est jamais allé aussi loin »…</p>
<p>Déjà, il me semble qu’il est vachement en retard sur les propositions du FN à cet égard et ensuite, je ne sais pas d’où il sort mais sans nulle forfanterie et franchement, un intello comme ça, je me sens tout à fait cap’ de vous en faire un tous les matins. </p>
<p>Sans doute Patrick Weil &#8211; spécialiste de l’histoire de l’immigration en France &#8211; est-il dans le collimateur de Pierre-André Taguieff pour avoir osé signer une tribune dans Le Monde du 2 août 2010 Patrick Weil : « Sarkozy fait perdre à la droite républicaine ses valeurs » quand il dénonce avec une extrême virulence: « Depuis dix jours sont montés au créneau du néoantifascisme des personnes convenablement morales connues pour leurs travaux consensuels sur l’immigration et la xénophobie ». En effet une sacrée tare, n’est-il pas ?</p>
<p>Encore faut-il savoir que pour Taguieff l’antiracisme se résume à la lutte contre l’antisémitisme et ceux qui critiquent Israël. Et avec ça, tellement sûr de lui et péremptoire qu’il en est éminemment chiant. C’est dire le peu d’estime que je nourris à son égard car pour moi l’antiracisme ne saurait se diviser. On ne peut pas être antiraciste par exemple pour les Juifs et les noirs et être raciste envers les arabes ou les asiatiques. Tout simplement par ce que je crois profondément que nous sommes tous frères et soeurs en humanité.</p>
<p>Le Parti socialiste me paraît très embarrassé et fort peu virulent. Frileux, sans nul doute à cause du résultat du sondage montrant que même à gauche, les mesures délirantes de Nicolas Sarkozy trouvent un écho favorable. Comme si le fait de voter à gauche immunisait forcément contre les préjugés racistes et xénophobes. Fort prudents, or donc, à l’image de Pierre Moscovici qui, au nom du « respect de la fonction » trouve le terme « voyou » « peu approprié »… Ajoutant – tout de même ! – « qu’il a eu, cet été, une offensive sécuritaire extrêmement ambiguë et limite faisant écho à des thématiques qu’on n’a pas connues depuis la Seconde guerre mondiale (…) Je ne dirais pas que c’est un voyou, mais il fait du Le Pen Light (…) la fin de son quinquennat va être sans arrêt marquée par ce type de provocation».</p>
<p>Je suis bien entendu outrée de lire (Le Monde du 6 août 2010) comment Nicolas Sarkozy a préparé l’offensive sécuritaire « L’offensive sécuritaire remonte à l’échec des régionales de mars. Toutes les trois semaines, le président organise des réunions sur le sujet »… Je ne vais pas m’étendre sur le sujet sinon pour pointer que c’est encore une fois Claude Guéant – simple secrétaire général de l’Elysée, donc absolument rien dans les instances légitimes de l’Etat ! – qui est à la manœuvre : « Claude Guéant prend les choses en main. Il prépare les propositions avec le directeur de cabinet de M. Hortefeux, Michel Bart, mais sans le ministre, notamment celles sur la déchéance de nationalité ».<br />
•	Cependant que la France et les Français vont mal, très mal, voilà à quoi l’on s’occupe à l’Elysée !<br />
De la réélection de Nicolas Sarkozy en 2012… Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Les services de l’Elysée sont mis en permanence au service exclusif de la com’ de Sarko. Depuis au moins l’épisode « Prince Jean à l’Epad », la nomination contestée et contestable de François Pérol à la tête du nouveau groupe Caisse d’Epargne-Banque Populaire, le double salaire et la retraite dorée d’Henri Proglio à EDF, sans oublier la rocambolesque affaire des infidélités supposées du couple princier qui a remué non seulement le ban et l’arrière ban de l’Elysée mais aussi la police ! Le ridicule niche au sommet de l’Etat : de la rumeur sur la vie privée au complot… d’Etat ! </p>
<p>Idem pour le débat sur l’identité nationale avec les élections régionales en arrière-fond. Encore de l’électoralisme à courte vue. L’Elysée mobilisé également pour fournir les fameux « éléments de langage » contre les critiques de Ségolène Royal et Martine Aubry. Pour défendre Eric Woerth englué jusqu’au coup dans l’affaire Bettencourt et ses multiples facettes. J’en oublie forcément…</p>
<p>Une conclusion s’impose nécessairement : Nicolas Sarkozy n’est pas et n’a jamais été à la hauteur de la fonction présidentielle. Qui exigerait qu’il prenne de la hauteur – point n’est besoin de talonnettes ! – pour être, au moins sur les sujets les plus graves, le président de « tous les Français ».</p>
<p>Il est et reste le chef de meute de l’UMP et depuis le 6 mai 2007 – la réception au Fouquet’s – il a démontré à l’envi qu’il ne s’intéresse qu’à une minorité de Français : les multimilliardaires &#8211; l’affaire Bettencourt ne faisant que renforcer ce constat &#8211; et le patronat du COUAC-40 dont il défend les intérêts. Contre ceux de la majorité des Français, en maître d’ouvrage des « chantiers de la démolition sociale » qui culmineront avec la réforme des retraites.</p>
<p>Son grand oeuvre d’apprenti sorcier ! Dont il est fier comme un pou. A preuve ce petit entrefilet du Canard Enchaîné (21 juillet 2010) qui relate la présentation du projet de loi en Conseil des Ministres : « Vous vous rappellerez que vous avez participé au Conseil des Ministres qui a fait passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans. C’est un moment historique »… Je me suis déjà demandé souvent fois ce que l’histoire précisément retiendrait de Nicolas Sarkozy et particulièrement de son passage au sommet de l’Etat. Je doute fortement que ce soit à son avantage !</p>
<p>Il ne pouvait, dans la foulée, s’empêcher de tacler la gauche et de mentir sur les chiffres: « Il ne faut pas oublier que, du côté des socialistes, c’est très simple : la réforme des retraites qu’ils préconisent coûterait 36 milliards en impôts nouveaux »… Il est même en deçà des affirmations péremptoires de Fillon ou Woerth : « C’est 20, 30, 40 milliards d’euros de fiscalité et de cotisation en plus »… Pourquoi pas 100 milliards ? Après tout, c’est bien ce qu’ont reçu quasi gracieusement les banques &#8211; pour continuer à spéculer &#8211; et l’industrie automobile &#8211; pour continuer à licencier… Mais c’est le Figaro (18 mai 2010) qui lancera le vrai «cri du cœur» : « Retraites : Aubry veut faire payer le capital avant tout » … Le cauchemar de la droite ! Je vous fiche mon billet que nombreux parmi les possédants qui feront comme naguère André Bettencourt dans les années 68-70 quand la droite redoutait l’arrivée de la gauche au pouvoir, ainsi que le révèle Hervé Nathan sur Marianne2 (24 juin 2010) C’est un ministre du Général de Gaulle qui a planqué l’argent de Bettencourt en Suisse ! </p>
<p>Je ne méprise nullement la fonction de président de la République mais celui qui l’occupe actuellement. « Il le vaut bien » !… Une sorte d’usurpateur : élu sur un programme dont il n’a jamais respecté les promesses – sauf, comme c’est bizarre, comme c’est étrange ! Le bouclier fiscal et la baisse de la TVA des bistrotiers et restaurateurs – en chantant ad nauseam sur tous les toits et les tons : « J’ai changé »lors même qu’il n’a cessé depuis de nous apporter la preuve qu’il était exactement le reflet de ce que l’on redoutait déjà &#8211; mais en pire ! Aggravant de surcroît son cas chaque jour davantage ! Beau bilan de 3 ans de sarkozysme réel.</p>
<p>Lait d&#8217;Bleu &#8211; Blogueuse associée-Marianne2</p>
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		<title>«Pour une relance progressiste du projet européen», par Martine AUBRY et Sigmar GABRIEL (Président du SPD Allemand), tribune publiée dans LE MONDE (14 Juillet)</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 12:28:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nationale]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà maintenant quelques années que l’Europe gouvernée par une majorité conservatrice et libérale s’enfonce dans la crise. Les dirigeants conservateurs et libéraux ont, tant au niveau national qu’européen, échoué à coordonner les plans de relance en 2009...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà maintenant quelques années que l&#8217;Europe gouvernée par une majorité conservatrice et libérale s&#8217;enfonce dans la crise. Les dirigeants conservateurs et libéraux ont, tant au niveau national qu&#8217;européen, échoué à coordonner les plans de relance en 2009. Ils ont été en retrait sur la régulation financière et sont intervenus avec retard face à la crise budgétaire qui a touché la Grèce.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, ces mêmes dirigeants s&#8217;enferment dans des plans d&#8217;austérité renforcée et ne proposent aucune stratégie active de sortie de crise. Ils créent ainsi les conditions d&#8217;une récession continentale. Les fondements mêmes de l&#8217;Union européenne sont fragilisés par l&#8217;absence de solidarité européenne. Pour la première fois depuis longtemps, on voit la résurgence ici ou là de nationalismes antieuropéens.</p>
<p>Les gouvernements européens ont laissé passer une occasion historique de relancer la construction européenne pour répondre aux causes et aux effets de la crise. Ils en porteront la responsabilité devant les générations futures.</p>
<p>L&#8217;état des relations entre l&#8217;Allemagne et la France explique en partie cette absence de réactivité européenne. Sans idéaliser le passé, il ne fait pas de doute que le moteur franco-allemand a été une réalité et qu&#8217;il ne l&#8217;est plus aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Quand on sait combien l&#8217;avenir de nos pays est lié, combien nos intérêts sont entremêlés, cet état de fait est profondément regrettable. Il est irresponsable, dangereux et de courte vue de laisser s&#8217;installer les faux-semblants, les demi-mesures ou la volonté d&#8217;imposer à l&#8217;autre partenaire sa conception. Aucune de nos deux nations ne peut penser son avenir sans l&#8217;autre, en Europe et dans le monde, face aux nouvelles puissances du XXIe siècle.</p>
<p>Mais il n&#8217;y a aucune fatalité. Alors que la France et l&#8217;Allemagne offrent le spectacle de la désunion, nous avons décidé d&#8217;avancer main dans la main.</p>
<p>C&#8217;est notre conviction, en effet, qu&#8217;il appartient aux socialistes et aux sociaux-démocrates de proposer une alternative à la gestion désastreuse de la crise par les gouvernements en place, majoritairement conservateurs et libéraux.<br />
Nous avons lancé un travail commun dans le but de refonder une vision franco-allemande et de proposer aux Européens une alternative progressiste à la stagnation et à la régression mises en oeuvre par les droites européennes.<br />
Mercredi 16 juin, avec l&#8217;ensemble des responsables du Parti socialiste européen, nous avons présenté nos propositions pour une &laquo;&nbsp;sortie de crise progressiste&nbsp;&raquo;. Pour aller plus loin, le Parti socialiste français et le Parti social-démocrate d&#8217;Allemagne ont adopté une déclaration commune &laquo;&nbsp;sur le renforcement de la coordination des politiques économiques et sociales au sein de l&#8217;Union européenne&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce texte rappelle combien il est de notre intérêt commun de coordonner nos politiques et de développer des politiques communes. Une croissance économique durable de l&#8217;Union européenne nécessite dans tous les Etats de cette union un équilibre entre la compétitivité en matière d&#8217;exportation et la demande intérieure.</p>
<p>Les déséquilibres entre les Etats membres encouragent l&#8217;endettement et entravent par là même la stabilité de l&#8217;euro. Il nous faut viser, en tendance, un équilibre des balances des paiements courants des pays de l&#8217;Union européenne.</p>
<p>Pour atteindre cet objectif, les Etats excédentaires doivent veiller à renforcer leur demande intérieure, et les Etats déficitaires doivent améliorer la compétitivité de leur économie. Chaque restriction à l&#8217;un de ces deux objectifs nuit à la prospérité des Etats membres concernés et à la communauté européenne. Voilà pourquoi nous refusons l&#8217;alternative dangereuse entre relance et rigueur budgétaire.</p>
<p>Il faut donc une stratégie équilibrée, qui s&#8217;appuie sur quatre piliers :</p>
<p>1. Il est temps de passer des discours aux actes pour la régulation des marchés financiers et désarmer la spéculation. A l&#8217;exemple de ce qui a été engagé en partie par le président Obama, les Européens doivent renforcer les règles prudentielles applicables aux banques, encadrer strictement les produits dérivés, mieux réglementer les opérations de vente à découvert et améliorer l&#8217;indépendance et la transparence de la notation financière, notamment par la création d&#8217;une agence européenne.<br />
Cette régulation financière doit s&#8217;accompagner d&#8217;une régulation commerciale. Nous proposons un pacte européen des échanges extérieurs qui stipule la prise en compte des normes sociales et environnementales dans les relations commerciales de l&#8217;Union européenne avec le reste du monde et l&#8217;ancrage de ces normes dans les règles du commerce international .</p>
<p>2. Pour consolider les budgets nationaux sans pour autant casser la croissance, il faut trouver de nouvelles sources de revenus justes et durables. Nous proposons, en particulier, l&#8217;instauration d&#8217;une taxe sur les transactions financières des banques et des établissements financiers qui permettrait d&#8217;abonder les budgets publics .</p>
<p>3. Quand ils étaient au pouvoir, nos partis ont pratiqué une gestion rigoureuse des finances publiques. Mais rigueur ne veut pas dire austérité. Pour ne pas pénaliser l&#8217;emploi, le retour à l&#8217;équilibre budgétaire doit accompagner le retour de la croissance et non le précéder .</p>
<p>4. Il faut rendre les politiques fiscales plus efficaces par une meilleure coordination européenne, ce qui passe notamment par la fin de la concurrence fiscale et sociale qui a miné l&#8217;Europe et l&#8217;instauration d&#8217;un véritable gouvernement économique européen. Cela passe par l&#8217;introduction d&#8217;une assiette unique et d&#8217;un seuil minimal d&#8217;imposition pour l&#8217;impôt sur les sociétés.</p>
<p>Un nouveau pacte social de progrès permettrait, sans viser à l&#8217;uniformité, d&#8217;engager la nécessaire convergence par le haut des politiques sociales. Ce pacte européen de progrès social impliquerait pour chaque Etat membre l&#8217;instauration d&#8217;un salaire minimum tenant compte de la réalité économique et sociale nationale et la fixation d&#8217;objectifs quantifiés pour les dépenses d&#8217;éducation.<br />
Dans ces domaines décisifs, l&#8217;Europe a besoin d&#8217;avancées concrètes pour consolider une sortie de crise qui se fait attendre. Notre conviction, face au statu quo voulu par les libéraux, est que l&#8217;Europe a besoin d&#8217;une nouvelle alliance entre les progressistes européens.</p>
<p>Nos partis ont aujourd&#8217;hui la détermination d&#8217;être à l&#8217;avant-garde de ce nouveau projet progressiste. C&#8217;est notre volonté et notre responsabilité devant les peuples européens et devant l&#8217;Histoire de refaire du couple franco-allemand un moteur pour le progrès économique, social et politique de l&#8217;Europe.</p>
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		<title>Triste 14 juillet 2010 par Pouria Amirshahi , Secrétaire national du PS à la coopération.</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 15:40:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Points de vue]]></category>
		<category><![CDATA[Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce 14 juillet 2010, les troupes militaires de quatorze pays africains défileront sur les Champs-Elysées sous les yeux des chefs d'Etat. Cinquante ans après les indépendances, on peut certes se réjouir de ce symbole d'égalité entre la France et ses anciennes colonies. Ce défilé pourrait sonner comme une heureuse fin de parenthèse au terme de laquelle la France reconnaîtrait la souveraineté pleine et entière des peuples d'Afrique autrefois pillés et utilisés comme la chair à canons de guerres qui n'étaient pas les leurs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ce 14 juillet 2010, les troupes militaires de quatorze pays africains défileront sur les Champs-Elysées sous les yeux des chefs d&#8217;Etat. Cinquante ans après les indépendances, on peut certes se réjouir de ce symbole d&#8217;égalité entre la France et ses anciennes colonies. Ce défilé pourrait sonner comme une heureuse fin de parenthèse au terme de laquelle la France reconnaîtrait la souveraineté pleine et entière des peuples d&#8217;Afrique autrefois pillés et utilisés comme la chair à canons de guerres qui n&#8217;étaient pas les leurs.<br />
La célébration a pourtant un goût très amer : pour l&#8217;Afrique et les Africains, pour la France et pour les cultures francophones.<br />
L&#8217;Afrique reste, malgré un taux de croissance supérieure à celui de l&#8217;Union européenne, le continent blessé par les maux les plus mortels : guerres, maladies, malnutrition sont encore le quotidien de beaucoup d&#8217;êtres humains.<br />
La corruption et la captation des richesses par des clans au pouvoir, changeants au gré des putschs, demeurent des pratiques majoritaires. L&#8217;exploitation de ses ressources et de ses terres arables (de moins en moins…) par les grandes puissances ainsi que par des grandes compagnies sans scrupules accentuent les rapports de domination. Les Etats de droit sont encore rares et les mouvements démocratiques le plus souvent décapités.<br />
Une autre politique de coopération<br />
Pour beaucoup de militants de la société civile et des forces progressistes, agir c&#8217;est comme remplir le tonneau des Danaïdes. Si le droit des peuples à disposer d&#8217;eux-mêmes, notion universelle venue d&#8217;Afrique, a encore un sens, il faut souhaiter que les peuples africains eux-mêmes se mettent en mouvement pour une souveraineté réelle et une démocratie effective.<br />
Mais il faut les encourager par une autre politique de coopérations et d&#8217;aide au développement.<br />
La France plus que tout autre pays en a le devoir et les moyens : pas seulement par souci de réparations, ni pour défendre ses propres intérêts avec des pays frontaliers qui poseront à l&#8217;avenir de plus en plus de questions liées aux flux migratoires.<br />
Un manque de volonté politique<br />
L&#8217;équation entre le développement et la paix est connue, tout comme celle entre pauvreté et violences de tous ordres. Ce qu&#8217;il manque ce ne sont ni les savoirs, ni les connaissances technologiques, scientifiques et médicales et encore moins les ingénieries de projets structurants dans les territoires mais la volonté politique.<br />
L&#8217;Union européenne, et certains Etats en son sein comme la Suède, ont déjà rappelé des objectifs ambitieux et liés entre eux en matière de développement, de démocratie et de coopérations. La France reste pourtant à la traîne : avec seulement 0,47% de son PIB consacré à l&#8217;aide au développement (dont une part croissante sous forme de prêts… eux mêmes destinés à rembourser des dettes ! ), elle est loin de l&#8217;engagement portant officiel de la porter à 0,7%.<br />
Aux yeux de beaucoup de citoyens africains, la France est plus perçue pour être entremetteuse dans les ventes d&#8217;armes ou soutien à peine honteuse de dictateurs ou d&#8217;aspirants dictateurs que pour sa contribution au progrès.<br />
Un problème de moyens<br />
Souvent seules, les ONG, associations et collectivités locales s&#8217;engagent dans des projets d&#8217;intérêt général : accès aux soins, localisation des productions agricoles, échanges culturels tandis que le gouvernement s&#8217;ampute volontairement de toute capacité à agir, en délégant la quasi-totalité de ses prérogatives à l&#8217;Agence française du développement et en opérant un tour de vis budgétaire qui sera peut-être fatal à son action extérieure.<br />
A la veille de la conférence de révision des objectifs du millénaire pour le développement qui se tiendra le 20 septembre à New -York, on peut craindre une fois de plus la rhétorique Sarkozienne : grand discours de Guaino (sauf pour ce qui est de « l&#8217;homme africain »…) et cynisme du pouvoir.<br />
Aux enjeux de développement s&#8217;ajoute un tout autre défi : refonder l&#8217;alliance des cultures francophones. A l&#8217;ère d&#8217;une mondialisation très anglo-saxonne qui génère une standardisation des cultures, la francophonie peut représenter tout à la fois un avocat pour la défense d&#8217;un monde multiculturel et une promesse de fraternité entre les peuples qui ont la langue française pour bien commun.<br />
Célébrons le 14 juillet autrement<br />
Dépasser le stigmate colonial est possible en changeant totalement d&#8217;optique : privilégier les échanges (universitaires, culturels) et les projets structurants (éducation nationale, pérennité des productions locales, infrastructures métropolitaines, etc.) favorisera un nouveau rayonnement autours de toutes les cultures francophones, dont toutes ne sont pas issues de la colonisation.<br />
Rêvons, pourquoi pas, d&#8217;une autre façon de célébrer le 14 juillet, loin des défilés militaires, où seront à l&#8217;honneur les forces de la culture et de l&#8217;esprit. C&#8217;est ce que plaide aujourd&#8217;hui M. Abou DIouf, secrétaire général de l&#8217;Organisation internationale de la Francophonie, dans une approche autrement plus généreuse que l&#8217;hypocrisie honteuse du pouvoir français. Ce sera sans doute là le meilleur hommage rendu à l&#8217;Histoire : à Patrice Lumumba, Mehdi Ben Barka, Leopold Sedar Senghor et les autres… A l&#8217;avenir surtout.</p>
<p style="text-align: justify;">A lire  sur Rue89 et sur Eco89</p>
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		<title>Blanc et Joyandet : un sacrifice qui ne règle rien</title>
		<link>http://www.pslys.fr/blanc-et-joyandet-un-sacrifice-qui-ne-regle-rien</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 15:38:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[En sacrifiant les pions Blanc et Joyandet pour sauver le cavalier Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a pris le risque de voir les feux se concentrer sur son ministre du Travail, fragilisé par l'affaire Bettencourt.
Le chef de l'Etat a été contraint à cette manoeuvre par le refus du secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet d'attendre jusqu'en octobre la chute inéluctable du couperet.
"On a le sentiment que le timing a échappé à l'Elysée", soulignait lundi François Miquet-Marty, directeur de l'institut de sondages Viavoice, sur France Inter.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En sacrifiant les pions Blanc et Joyandet pour sauver le cavalier Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a pris le risque de voir les feux se concentrer sur son ministre du Travail, fragilisé par l&#8217;affaire Bettencourt.<br />
Le chef de l&#8217;Etat a été contraint à cette manoeuvre par le refus du secrétaire d&#8217;Etat à la Coopération Alain Joyandet d&#8217;attendre jusqu&#8217;en octobre la chute inéluctable du couperet.<br />
&laquo;&nbsp;On a le sentiment que le timing a échappé à l&#8217;Elysée&nbsp;&raquo;, soulignait lundi François Miquet-Marty, directeur de l&#8217;institut de sondages Viavoice, sur France Inter.<br />
Beaucoup dans la majorité estiment que cette double démission intervient de toute façon trop tard et que la gauche ne lâchera plus Eric Woerth, chargé de défendre la réforme des retraites, un des derniers grands chantiers du quinquennat.<br />
Alain Joyandet, &laquo;&nbsp;sarkozyste&nbsp;&raquo; historique accusé d&#8217;avoir bénéficié d&#8217;un permis de construire abusif, avait déjà été réprimandé en mars dernier pour avoir dépensé 116.500 euros pour la location d&#8217;un jet privé lors d&#8217;un voyage aux Antilles.<br />
Le secrétaire d&#8217;Etat au Développement de la région capitale, le centriste Christian Blanc, s&#8217;est vu pour sa part reprocher l&#8217;achat de 12.000 euros de cigares aux frais du contribuable.<br />
Pour ne pas avoir pris à temps la mesure de l&#8217;impact de ces affaires dans l&#8217;opinion publique, le chef de l&#8217;Etat a laissé se développer un terrain propice aux attaques contre Eric Woerth.<br />
Les accusations de conflit d&#8217;intérêts se sont déchaînées dès qu&#8217;on été révélées les liens de l&#8217;ex-ministre du Budget et de son épouse Florence avec l&#8217;héritière de L&#8217;Oréal Liliane Bettencourt, soupçonnée de fraude fiscale.<br />
Pas question cependant pour Nicolas Sarkozy de lâcher Eric Woerth qui, au-delà de ses fonctions de trésorier de l&#8217;UMP, est une pièce autrement plus importante du dispositif présidentiel.<br />
TENIR JUSQU&#8217;AU 14 JUILLET ?<br />
&laquo;&nbsp;Le but était d&#8217;essayer de donner en pâture deux noms pour éviter de sacrifier le plus important. C&#8217;est le sentiment qui domine&nbsp;&raquo;, explique une source gouvernementale.<br />
Sauf que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme le souhaitait initialement le président de la République.<br />
&laquo;&nbsp;Certains comportements ministériels ne m&#8217;ont pas plu du tout&nbsp;&raquo;, déclarait-il mercredi dernier aux députés UMP conviés à l&#8217;Elysée. &laquo;&nbsp;J&#8217;en tirerai les conséquences sévèrement.&nbsp;&raquo;<br />
Il n&#8217;était encore question que d&#8217;un remaniement ministériel en octobre. &laquo;&nbsp;Il ne faut pas surréagir. Tout ce que je pourrais faire à chaud nous compliquerait la tâche&nbsp;&raquo;, expliquait-il.<br />
Selon des sources concordantes au gouvernement et à l&#8217;UMP, Alain Joyandet, conscient d&#8217;être visé, a cependant &laquo;&nbsp;craqué&nbsp;&raquo; et présenté sa démission dès vendredi.<br />
Elle n&#8217;a finalement été acceptée que dimanche. Le chef de l&#8217;Etat a alors décidé de se séparer en même temps de Christian Blanc, qui n&#8217;a appris son sort que quelques minutes avant le communiqué de l&#8217;Elysée annonçant leur démission.<br />
Pour François Miquet-Marty, ces départs soudains, après l&#8217;annonce d&#8217;un remaniement en octobre, donnent &laquo;&nbsp;davantage le sentiment d&#8217;une confusion que d&#8217;un planning maîtrisé&nbsp;&raquo;.<br />
La situation est-elle tenable jusqu&#8217;en octobre ?<br />
&laquo;&nbsp;On le saura le 15 juillet&nbsp;&raquo;, estime un familier des cabinets. &laquo;&nbsp;Si Woerth arrive à tenir jusqu&#8217;au 14 juillet, après les gens auront la tête ailleurs. Mais s&#8217;il y a de nouvelles révélations ou si les attaques continuent, ça sera difficile.&nbsp;&raquo;<br />
C&#8217;est précisément le 13 juillet qu&#8217;Eric Woerth doit présenter la réforme des retraites en conseil des ministres.<br />
MAUVAIS CALCUL ?<br />
Responsables de la majorité et observateurs s&#8217;interrogent sur la justesse des calculs de l&#8217;exécutif.<br />
La démission d&#8217;Alain Joyandet et Christian Blanc risque en effet d&#8217;ouvrir une brèche et prive Eric Woerth de diversions.<br />
&laquo;&nbsp;Ça contribue à concentrer les feux sur Eric Woerth et à rendre son maintien au gouvernement jusqu&#8217;au vote de la réforme des retraites de plus en plus coûteux politiquement&nbsp;&raquo;, a déclaré à Reuters Jérôme Sainte-Marie, président de l&#8217;institut Isama.<br />
Le cas Woerth, jusqu&#8217;ici &laquo;&nbsp;élément parmi d&#8217;autres&nbsp;&raquo;, va &laquo;&nbsp;devenir un élément central&nbsp;&raquo;, complète François Miquet-Marty.<br />
Une analyse que ne sont pas loin de partager des cadres de l&#8217;UMP. &laquo;&nbsp;Les petites digues Joyandet et Blanc ont sauté&nbsp;&raquo;, dit l&#8217;un. La démission des deux secrétaires d&#8217;Etat affaiblit encore Eric Woerth, estime un autre.<br />
Pour un responsable du parti majoritaire, il est illusoire de compter sur les vacances. &laquo;&nbsp;Cette année, les vacances ne sont pas comme d&#8217;habitude, parce que c&#8217;est la crise&nbsp;&raquo;, estime-t-il.<br />
Et de prédire une rentrée délicate, avec la manifestation unitaire du 7 septembre contre la réforme des retraites.<br />
&laquo;&nbsp;Si c&#8217;est un vrai succès, ça va être très compliqué, surtout si ça se fait sur des slogans anti-Woerth&nbsp;&raquo;, souligne-t-il.<br />
Pour Jérôme Sainte-Marie, la question se pose en effet : &laquo;&nbsp;Est-ce qu&#8217;Eric Woerth peut affronter des manifestations où il sera la vedette des slogans et des banderoles ?&nbsp;&raquo;<br />
Le président d&#8217;Isama diagnostique certes un &laquo;&nbsp;fond de résignation&nbsp;&raquo; chez les Français. &laquo;&nbsp;Mais la présence d&#8217;Eric Woerth peut donner de l&#8217;énergie à ceux qui n&#8217;en ont pas, à ceux qui n&#8217;en nont plus&nbsp;&raquo;, ajoute-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Source REUTERS</p>
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		<title>Les cadeaux royaux de Nicolas&#8230;</title>
		<link>http://www.pslys.fr/les-cadeaux-royaux-de-nicolas</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Jul 2010 13:40:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin PS Lys</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de gueule]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Woerth]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon les informations publiés par le journal "LE MONDE" le 2 juillet 2010, MME BETTENCOURT (soupçonnée d'évasion fiscale ) aurait bénéficié en 2008 d'un remboursement fiscal de 30 millions d'euros ! et ce au titre du bouclier fiscal institué par SARKOZY. Cette petite "ristourne" a été entérinée par un Ministre en l'occurrence MR WOERTH (no comment!! )
Pour situer l'importance de ce cadeau royal : il représente la valeur de 2700 smics annuels.... et 1 fois et demi le budget de la ville de LYS-LEZ-LANNOY...
MME BETTENCOURT n'est pas la seule à participer à la distribution de la galette!!!!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Selon les informations publiés par le journal &laquo;&nbsp;LE MONDE&nbsp;&raquo; le 2 juillet 2010, MME BETTENCOURT (soupçonnée d&#8217;évasion fiscale ) aurait bénéficié en 2008 d&#8217;un remboursement fiscal de 30 millions d&#8217;euros ! et ce au titre du bouclier fiscal institué par SARKOZY. Cette petite &laquo;&nbsp;ristourne&nbsp;&raquo; a été entérinée par un Ministre en l&#8217;occurrence MR WOERTH (no comment!! )<br />
Pour situer l&#8217;importance de ce cadeau royal : il représente la valeur de 2700 smics annuels&#8230;. et 1 fois et demi le budget de la ville de LYS-LEZ-LANNOY&#8230;<br />
MME BETTENCOURT n&#8217;est pas la seule à participer à la distribution de la galette!!!! Les collectivités qui vont devoir faire face au manque à gagner de la suppression de la taxe professionnelle ( toujours SARKOZY ! ) apprécieront &laquo;&nbsp;les largesses &nbsp;&raquo; fiscales faites en direction des familles les plus fortunées de France&#8230;.<br />
Sur une simple signature on fait cadeau d&#8217;une somme fabuleuse représentant le budget d&#8217;une ville de 13000 habitants!!!!!<br />
Pas surprenant que l&#8217;on puisse s&#8217;acheter ( à bon compte ) une île aux SEYCHELLES !!!!!!!!!!!!!!!!</p>
<p style="text-align: justify;">Michel WILLOQUEAUX</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Trains de vies…</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 07:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Vanlierde</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Woerth]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour nos fidèles lecteurs de l’U.M.P. et de l’U.P.L. réunis et tous ceux nombreux à LYS lez Lannoy, Hem, Toufflers, Lannoy,Leers et environs qui voudraient soutenir Eric WOERTH « victime » à la fois de l’acharnement médiatique sur l’affaire « Bêtes en cours » (non pas l’affaire des biches du Parc Jean FERRAT ?) et du tour de vis imposé par Nicolas qui tente de laver + blanc que blanc le linge sale de ses Ministres avant d’aller se reposer au Cap Nègre… voici les coordonnées de l’association où vous pouvez adresser vos dons :]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pour nos fidèles lecteurs de l’U.M.P. et de l’U.P.L. réunis et tous ceux nombreux à LYS lez Lannoy, Hem, Toufflers, Lannoy,Leers et environs qui voudraient soutenir Eric WOERTH « victime » à la fois de l’acharnement médiatique sur l’affaire « Bêtes en cours » (non pas l’affaire des biches du Parc Jean FERRAT ?) et du tour de vis imposé par Nicolas qui tente de <strong>laver + blanc que blanc le linge sale de ses Ministres </strong>avant d’aller se reposer au Cap Nègre… voici les coordonnées de l’association où vous pouvez adresser vos dons :</p>
<p style="text-align: center;">ASSOCIATION DE SOUTIEN A L’ACTION D’ERIC WOERTH (ASAEW)<br />
Siège social : 2 rue Odent 60300 SENLIS<br />
Déclarée en Préfecture de l’Oise le  1<sup>er</sup> Octobre 2007<br />
N° de parution 20070041 identification : R.N.A. W 604001830</p>
<p style="text-align: justify;">Cette association dont l’objet est : « Soutien à l’action politique d’Eric Woerth » ne venant pas à priori en secours aux plus démunis et de ce fait ne pouvant rivaliser avec, par exemple,  la Fondation de LILLE, Eric WOERTH et son épouse comptent beaucoup sur leurs vrais amis qui veulent ensemble refaire le monde avec <em> » une France comme ils l’aiment »</em> :</p>
<p style="text-align: justify;">Karchérisée, à la botte des financiers, sécurisée  avec des caméras et des radars partout mais en contrepartie, moins d’enseignants, moins de personnels dans les hôpitaux et moins de policiers nationaux………..</p>
<p style="text-align: justify;">Bastruc</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les maux bleus</title>
		<link>http://www.pslys.fr/les-maux-bleus</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 07:04:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Vanlierde</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[Je te dirais les maux bleus ….. Les mots de footeux malheureux Et ainsi ta retraite fieux Passera à la trappe bien mieux Dans un monde silencieux Aux vrais problèmes miséreux A l’image d’un Président véreux Qui voulait « karcheriser » le pays Pour condamner les incendies Je radote forcément depuis peu, Mis au rancart, comme un<br /><span class="excerpt_more"><a href="http://www.pslys.fr/les-maux-bleus">[continuer la lecture...]</a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Je te dirais les maux bleus …..<br />
Les mots de footeux malheureux<br />
Et ainsi ta retraite fieux<br />
Passera à la trappe bien mieux<br />
Dans un monde silencieux<br />
Aux vrais problèmes miséreux<br />
A l’image d’un Président véreux<br />
Qui voulait « karcheriser » le pays<br />
Pour condamner les incendies<br />
Je radote forcément depuis peu,<br />
Mis au rancart, comme un vieux<br />
Et je braille comme les gueux<br />
Pour faire taire tous ceux<br />
Qui nous prennent pour des bœufs</p>
<p style="text-align: center;">Je te dirais les mots bleus<br />
Mais pas ceux de Christophe<br />
Ecris bien avant les catastrophes…<br />
Ceux encore trop peu nombreux<br />
Consommateurs aveugles et peureux<br />
Pour exprimer hors saison des vœux<br />
En quelques strophes</p>
<p style="text-align: center;">Je te dirais mes maux bleus<br />
Ceux d’un homme malheureux<br />
Qui écrirait à ses aïeux :<br />
Pardon de donner à nos enfants<br />
Si peu de ce que vous m’aviez légué<br />
J’ai sans doute été trop gourmand<br />
J’ai perdu le sens commun dans cette société<br />
Où  l’emporte l’individualisme<br />
Et le culte du mutisme<br />
Par rejet du collectivisme<br />
Assimilé au communisme<br />
Comme si la vie devait se résumer à une boulimie<br />
Froide, égoïste, d’un univers de fric<br />
D’un piètre spectacle de cirque !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le gouvernement peaufine un plan de rigueur qui ne dit pas son nom</title>
		<link>http://www.pslys.fr/le-gouvernement-peaufine-un-plan-de-rigueur-qui-ne-dit-pas-son-nom</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 12:30:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Siemieniecki</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[plan visant à réduire son déficit de 100 milliards d’euros d’ici 2013, dont 40 milliards dès l’an prochain, comme il s’y est engagé auprès de Bruxelles.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le gouvernement dévoile mercredi une nouvelle facette d’un plan de rigueur qui ne dit pas son nom: un programme de modernisation de l’Etat censé rapporter 10 milliards d’euros d’ici 2013, grâce notamment à la suppression contestée de 100.000 postes de fonctionnaires.<br />
Cette deuxième phase de la Révision générale des Politiques publiques (RGPP), lancée par Nicolas Sarkozy dès 2007, ce sont 150 mesures, parfois anecdotiques, avec deux objectifs affichés: simplifier le carcan administratif et contribuer à la réduction du déficit public.<br />
Les principales mesures, concernant les fonctionnaires ou la rationalisation du patrimoine immobilier de l’Etat, étaient déjà connues. Mais petit à petit, après le gel des dépenses, la réforme des retraites et le coup de rabot aux niches fiscales, le gouvernement détaille le plan visant à réduire son déficit de 100 milliards d’euros d’ici 2013, dont 40 milliards dès l’an prochain, comme il s’y est engagé auprès de Bruxelles.<br />
«A l’inverse d’autres gouvernements européens, Nicolas Sarkozy n’a pas fait d’annonce solennelle expliquant comment l’effort serait fait», explique l’économiste Elie Cohen, du CNRS.<br />
Selon lui, «comme le mot rigueur est tabou, le gouvernement est contraint d’en faire sans le dire». «En fait, son plan de rigueur, le chef de l’Etat le distille semaine après semaine, par petite dose, avec une augmentation d’impôt par ci, une baisse de dépense par là», estime-t-il.<br />
Le ministre du Budget, François Baroin, qui a présenté mercredi en conseil des ministres cette nouvelle étape de la RGPP, rappelle que la première a permis d’économiser sept milliards d’euros.<br />
Pour trouver dix milliards supplémentaires, il mise notamment sur la poursuite d’une mesure phare du quinquennat, très contestée par les syndicats et la gauche: le non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, qui se traduire entre 2011 et 2013 par la suppression de 100.000 nouveaux postes.<br />
Bercy chiffre l’économie réalisée à trois milliards d’euros, mais la moitié de cette somme sera «restituée» aux agents de l’Etat, ce qui diminue d’autant le gain pour les comptes publics.<br />
Dans le collimateur de Bercy également, les dépenses de fonctionnement de l’Etat, rognées de 10%, soit une économie de deux milliards d’euros d’ici 2013. Cela comprend des mesures diverses, comme la centralisation des achats de l’administration (700 millions d’économies) ou la modernisation de son parc informatique (300 millions).<br />
Le fil conducteur de ces coupes doit être, selon François Baroin, d’améliorer «la qualité du service rendu aux citoyens», en simplifiant les démarches administratives.<br />
Enfin, le gouvernement entend réduire de 10% les dépenses d’intervention, qui comprennent plusieurs aides économiques et sociales, soit une économie de cinq milliards.<br />
Mais sur ce sujet, il n’annoncera qu’en fin de semaine le montant maximum que les ministères seront autorisés à dépenser en 2011, nouvelle touche au tableau impressionniste qu’il peint depuis le printemps.<br />
Au final, le plan de rigueur ne devrait apparaître dans son ensemble que lors de la présentation, en septembre, du projet de budget pour l’an prochain.<br />
D’ici là, de nouvelles annonces devraient intervenir, notamment si Bercy doit revoir à la baisse, comme c’est probable, sa prévision de croissance.<br />
Le gouvernement semblait ainsi se diriger mercredi vers un gel des salaires des fonctionnaires pour les trois prochaines années, et François Baroin a affirmé que la réduction des niches fiscales représentait un «potentiel d’économies de 10 milliards d’euros dès 2011», soit plus que les 5 à 8,5 milliards annoncés jusqu’ici.<br />
(Source AFP)</p>
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